NEWS DE L’EDITION 11/2017 (EN PARTENARIAT AVEC NEWS TANK CULTURE)

MaMA2017 : « LE VOLUME DE RECHERCHES DE PAROLES SUR INTERNET ESTIME A 10 MILLIARDS » (WILL MILLS) 

« Les textes permettent de mieux comprendre les chansons, de s’approprier différemment celles qui sont connues ou d’en identifier et découvrir de nouvelles. Chaque année, on estime le volume de recherches de paroles sur Internet à plus de 10 milliards. En tant qu’artiste, il est important que vos paroles soient référencées, afin que les gens puissent vous découvrir. Les paroles sont également une grande source de métadonnées. Vous pouvez les utiliser pour faire beaucoup de choses, comme des playlists », déclare Will Mills, directeur des revenus chez LyricFind, à l’occasion du débat « Quel marché pour les paroles en ligne ? » dans le cadre de MaMA 2017, le 19/10/2017.

« En ce qui concerne la publicité ciblée, si vous voulez toucher le public d’Indochine par exemple, nous avons 10 000 fans tous les jours sur Paroles.net. Il y a beaucoup de choses à faire autour des paroles de musiques », ajoute Martin Mutel, directeur général de Cypok Media.

News Tank rend compte des échanges.

Les intervenants
Will Mills, directeur des revenus chez LyricFind
Delphine Paul, directrice synchronisation cinéma & télévision et marketing chez Sony/ATV Music Publishing, et présidente de la commission graphique au sein de la CSDEM
Martin Mutel, directeur général de Cypok Media
Jocelyn Bousquet, chef de projet chez Deezer
Jean-Luc Biaulet, PDG de Music Story
Modérateur : Rémi Bouton

« L’affichage des textes augmente le taux d’engagement des gens et le temps passé sur les services de musique en streaming, sans parler des avantages liés à l’utilisation des métadonnées » (Will Mills)

« Les textes permettent de mieux comprendre les chansons, de s’approprier différemment celles qui sont connues ou d’en identifier ou découvrir de nouvelles.
Chaque année on estime la volume de recherches de paroles sur Internet à plus de 10 milliards. En tant qu’artiste, il est important que vos paroles soient référencées, afin que les gens puissent vous découvrir.
Les textes sont également une grande source de métadonnées. Vous pouvez utiliser ces données pour faire beaucoup de choses comme des playlists.
Les recherches de paroles sont très orientées vers l’actualité. Quand Chester Bennington, le chanteur du groupe Linkin Park est mort (le 20/07/2017), le Top 10 entier concernait le groupe. Idem quand David Bowie est mort le 10/01/2016. Le top 30 était occupé par ses chansons.
10 à 15 % des vidéos vues sur YouTube sont des vidéos avec textes et elles ont doublé leur nombre de vues grâce à eux.
Les artistes qui sont dans notre base de données (LyricFind) touchent des revenus à chaque fois qu’un distributeur affiche ses textes.
Dans le futur, nous pourrions travailler avec la vidéo sur Facebook et la publication de citations pour des produits dérivés, tels que des tee-shirts.
L’affichage des textes augmente le taux d’engagement du public et le temps passé sur les services de musique en streaming, sans parler des avantages liés à l’utilisation des métadonnées. »
Will Mills

 

« Notre chiffre d’affaires progresse de 10 à 20 % par an » (Delphine Paul)

« Avant la création de la base BOEM, pour avoir l’autorisation de publier le texte d’une chanson, il fallait contacter chaque éditeur. La CSDEM a développé la BOEM en regroupant l’ensemble des paroles et chansons des éditeurs membres afin de proposer un guichet unique à ses exploitants.
L’exploitation de la BOEM à été confiée à la SEAM, qui gère les droits de reprographies et la copie privée numérique.
Depuis la création de la base en 2011, les exploitants sont de plus en plus nombreux. Nous avons signé l’an dernier un accord avec LyricFind à qui nous donnons BOEM en licence, et qui va ensuite licencier des paroles aux exploitants directement.
Cet accord va permettre d’avoir toutes les paroles disponibles directement sur des sites internationaux avec lesquels nous n’étions pas en discussion. Cela permet à des petits éditeurs français d’avoir accès au marché mondial et de savoir précisément où les chansons ont été visionnées.
Notre chiffre d’affaires progresse de 10 à 20 % par an et l’accord avec LyricFind nous donne l’espoir que 2017 soit encore plus intéressant. »
Delphine Paul

« Le rapport aux paroles est un rapport de passion. Le cœur du marché de la musique, c’est la passion » (Martin Mutel)

« Le rapport aux paroles est un rapport de passion. Le cœur du marché de la musique c’est la passion. 15 % des visites sur le site mènent à un partage de paroles, 90 % de la fréquentation vient des mobiles. Les gens ont besoin d’une parole sur le moment et la partagent.
Le marché des paroles a 50 ans. Depuis, il ne cesse de progresser.
Les paroles sont de plus en plus liées à la consommation de musique. L’œuvre de l’auteur peut avoir une vie en elle-même, toujours liée à la chanson, mais les mots sont de plus en plus mis en valeur en raison de leur disponibilité.
L’exploitation en ligne a commencé de manière illégale, car le marché n’était pas là. Il n’y avait pas beaucoup d’argent à prendre et beaucoup de travail à effectuer. Aujourd’hui, le marché devient mûr, Paroles.net est régulièrement le troisième site de musique le plus consulté de France.
Le top 10 du classement Médiamétrie des sites les plus visités en France sur la thématique musique compte 4 ou 5 sites de paroles. Sur Paroles.net, nous avons 6,5 millions de visiteurs par mois. Notre cible cœur de cible : les femmes entre 25 et 40 ans.
Les recherches de paroles sont très sensibles à l’actualité. Sur novembre et décembre, 10 à 15 % du trafic sont liés aux chansons de Noël. Le lendemain des attentats le 13/11/2015, les plus recherchés ont été La Marseillaise, Le chant des partisans et Les loups sont entrés dans Paris.
En ce qui concerne la publicité ciblée, si vous voulez toucher le public d’Indochine par exemple, nous avons 10 000 fans tous les jours sur Paroles.net. Il y a beaucoup de choses à faire autour des paroles de musiques. »
Martin Mutel

« Les textes ouvrent un champ des possibles presque infini » (Jocelyn Bousquet)

« Deezer a inclus les paroles de chansons sur son site en 2014. Nous y sommes allés car cela permettait de nous différencier sur le marché. Il y a également une valeur artistique et affective. Vous pouvez aller directement vers l’artiste à travers ses paroles et avoir la possibilité de partager une phrase ou un mot qui vous a plu avec votre entourage.
Du point de vue numérique, les paroles nous permettent d’enrichir le catalogue à travers les métadonnées. Nous en tirons des mots clés afin de faire un “matching” plus intéressant entre les chansons. Les textes ouvrent un champ des possibles presque infini.
Les données démographiques nous indiquent que nos utilisateurs sont à 85 % sur mobile et 51 % ont moins de 24 ans. Cette génération que l’on appelle les “millennials” est plus difficile à convaincre de s’abonner à la version premium. Les textes de chansons permettent aussi de valoriser cette version payante de notre site.
Sur l’ensemble du territoire, l’usage est similaire, ce sont des jeunes qui utilisent les textes en mode “karaoké” (les textes défilent en même temps que les chansons).
Sur son modèle gratuit, Deezer affiche de la publicité, et à chaque affichage d’une parole il y a potentiellement une mise en valeur financière. »
Jocelyn Bousquet

« Ce qui se développe depuis 10 ans, ce sont des sociétés comme la nôtre, plus petites mais plus souples, qui savent mettre en relation des partenaires et travailler dans un contexte particulier » (Jean-Luc Biaulet)
« Dans le contexte de la montée du streaming, où l’engagement autour de la proposition qui est faite ne peut plus éviter la data, on ne peut plus présenter une recherche d’artiste approximative. Cela devient un élément essentiel. C’est un outil de valeur ajoutée et de mise en avant important.
Sur les plateformes de streaming, 20 % du catalogue font presque 100 % de l’audience. Le “matching” des données est quelque chose qui doit être orienté par la demande. On n’imagine pas une chanson du top 1000 France de Deezer sans l’affichage des paroles. Le tri se fait en fonction de l’actualité, du volume d’écoute ou d’une certaine cible.
C’est un travail qui doit suivre le droit et la demande, mais qui est contraint par la faisabilité technique et la complexité.
Ce qui se développe depuis 10 ans, ce sont des sociétés comme la nôtre, plus petites mais plus souples, qui savent mettre en relation des partenaires et travailler dans des contextes particuliers.
Ce nouveau contexte du streaming permet à des acteurs techniques de s’exprimer davantage, car il y a des problématiques de traitement de données qui se posent, auxquelles nous prêtons attention. Par exemple les enceintes connectées ont besoin de beaucoup de données. Nous sommes à la fois capables de proposer des données, de les traiter et d’amener une solution la plus précise possible, qui ne va pas générer de charges pour nos clients. »

Jean-Luc Biaulet

Delphine Paul, Sony/ATV : « le chiffre d’affaire généré par Boem continue d’augmenter »

Article par Isabelle Szczepanski paru sur Electron Libre.

Certains des droits des éditeurs de musique sont gérés par la Sacem, et d’autres sont gérés en direct. Ainsi en est-il des droits graphiques sur les paroles et partitions. Les droits sur les paroles sont venus sur le devant de la scène avec l’arrivée, dès les débuts du Web, de sites reproduisant illégalement les paroles, et violant par la même les droits des éditeurs et des artistes qu’ils représentent. Pour gérer ce phénomène – et proposer des solutions aux sites souhaitant obtenir une licence dans les règles – les éditeurs français sont passés par la Chambre Syndicale de l’Edition Musicale (CSDEM). Delphine Paul de Sony/ATV préside la commission Graphique et Numérique de la CSDEM, en charge notamment des paroles de musiques. Elle nous explique les développements récents en matière de paroles en ligne, ainsi que les avancées des éditeurs grâce à la base de données « BOEM » mise en place par la CSDEM en 2008. A noter, la Commission Graphique travaille actuellement sur une version numérique de la fameuse Anthologie de la Musique Française.

La plupart des lyrics disponibles sur le net le sont sans l’autorisation des ayants-droit : cette affirmation était vraie il y a quatre ou cinq ans, l’est-elle encore aujourd’hui ?

Cela est de moins en moins vrai heureusement ! L’action des éditeurs contre les sites pirates tant en France qu’à l’international, ainsi que les campagnes de déréférencement ont porté leurs fruits. Il y a de moins en moins de sites illicites et l’offre légale de paroles s’est enrichie de nouveaux sites à l’ergonomie plus fonctionnelle que ne l’était celle des sites pirates.

Le programme BOEM mis en place par les éditeurs français porte-t-il ses fruits ? 

Créée à l’initiative de la CSDEM, BOEM – Base d’Oeuvres de l’Edition musicale – est une base de donnée regroupant les paroles des chansons de ses membres ainsi que les métadonnées associées. Cette base est renseignée directement pas les éditeurs, et opérée par la SEAM (Société des Editeurs et Auteurs de Musique), société de gestion collective qui assurait déjà la gestion de la reprographie des partitions et de la copie privée numérique graphique.

Cette idée de proposer une sorte de « guichet unique » pour un nombre conséquent d’œuvres facilite l’exploitation par des opérateurs digitaux. Ceux-ci ont ainsi accès à une grande partie du répertoire de chansons par une seule négociation. La fluidité de ce process les encourage à obtenir des licences légales.

Le chiffre d’affaire généré par Boem continue d’augmenter depuis sa création et la récente signature d’une licence avec Lyricfind (agrégateur) permettra au répertoire français d’avoir accès au marché mondial, ce qui générera plus de droits. Il sera aussi intéressant d’avoir des informations précises sur les territoires dans lesquels les œuvres sont consultées.

Qui sont les entreprises qui utilisent la base de données BOEM ? Plutôt des « vieilles » entreprises du web, ou plutôt des start-ups ? 

Beaucoup d’acteurs du digital s’intéressent aux paroles, car les paroles, par la saisie de mots clés, permettent de faire remonter les sites dans les moteurs de recherche. Les sites intéressés par les paroles sont donc très variés, des sites traditionnels aux applis starts up, en passant par des sites « musique » comme des sites plus généralistes. Par exemple, dans le secteur des médias, le site du Monde affiche les paroles de chanson via un accord passé avec paroles2chansons.com. Parallèlement, de nombreuses applis déjà consacrées à la musique comme « Shazam » publient aussi les paroles de chanson.

Deezer propose à ses usagers les paroles des musiques de son catalogue. Pourquoi pas iTunes ? Y a-t-il des chances que cela arrive dans un futur proche ? 

Deezer a un été l’un des premiers sites à publier les paroles avec l’objectif de créer un lien affectif avec les internautes qui s’approprient plus facilement une chanson avec les paroles.

Au-delà de cet aspect émotionnel, les paroles permettent d’enrichir le catalogue grâce aux métadonnées liées au textes.

Beaucoup d’autres sites sont en train d’avoir cette réflexion qu’a eu Deezer sur l’intérêt de publier les paroles. D’autant plus que le mode de consommation des paroles a encore évolué : les paroles sont aujourd’hui de plus en plus recherchées et visionnées sur les mobiles, les internautes aiment lire le texte en écoutant la chanson, puis les partager…

 

« En France, nous avons beaucoup œuvré pour qu’il n’y ait plus de sites illicites »

 

Avez-vous évalué le manque à gagner sur le marché des lyrics en ligne pour les éditeurs français du fait du piratage qui perdure ? Quel est, en outre, le profil des sites qui piratent ? 

En France, nous avons beaucoup œuvré pour qu’il n’y ait plus de sites illicites et la progression des chiffres de Boem confirme cette tendance. Il n’en reste pas moins qu’il est toujours difficile d’évaluer le manque à gagner sur des utilisations illicites car la plupart des sites qui restent pirates sont en général des sites étrangers sur lesquels nous avons peu de visibilité.

La Commission européenne a proposé un « notice and stay down » au lieu du système de notice and put down existant aujourd’hui vis-à-vis des plateformes. Pouvez-vous nous expliquer la différence ? Quelle solution a la préférence des éditeurs et pourquoi ? 

Ce qui est certain, c’est que la  procédure actuelle de « Notice and take down » n’est actuellement pas satisfaisante puisqu’elle bénéficie au contrefacteur : alors que pour solliciter le retrait d’un contenu illicite, l’ayant-droit est tenu de justifier de ses droits, il suffit au contrefacteur de faire une « counter claim » pour que le contenu litigieux soit remis en ligne, l’ayant-droit étant en retour informé qu’il lui appartient d’intenter une action en justice contre l’auteur du contenu illicite pour obtenir son retrait définitif. Il est en outre de plus en difficile de pouvoir identifier les créateurs des sites illicites.

Une piste de solution proposée par les éditeurs, par le biais de la CSDEM, consisterait à reconnaître des entités comme incontestables pour initier les procédures « notice and take down » avec cette particularité que, puisqu’une telle demande émanerait de ces entités, elle ferait perdre à l’exploitant du contenu litigieux toute possibilité de faire une counter claim et obtenir de ce seul fait, la remise en ligne du contenu litigieux. Une telle procédure nouvelle conduirait l’exploitant à suivre obligatoirement une procédure de résolution des litiges pouvant mener à ce que le contenu soit remis en ligne ou pas. Au travers de cette procédure, il serait tenu d’entrer en contact avec le titulaire des droits d’auteur et donc de s’identifier.

 

Dupliqué sur www.csdem.org avec l’aimable autorisation d’Isabelle Szczepanski et d’Electron Libre

Isabelle Szczepanski  / 06 71 18 47 60/ http://www.electronlibre.info/

Le TOP 20 BOEM de Mars 2017

Retrouvez chaque mois, le top des paroles de la base BOEM les plus consultées en partenariat avec Paroles.net. Ce classement reflète les pages visitées entre le 1er et le 31 Mars. Les « * » signalent les entrées dans ce top.

Position Artiste Titre Page Vues
1 Vianney Je m’en Vais 84240
*2 KeBlack Bazardée 64473
*3 Soprano Roule 36863
4 Charles Aznavour La Bohème 18719
5 La Reine Des Neiges Libérée Délivrée 16045
6 Demis Roussos On Ecrit Sur Les Murs 15955
*7 Soprano Mon Everest 15093
8 Jacques Brel Ne Me Quitte Pas 14662
9 Maître Gims Sapés Comme Jamais 14091
10 Renaud Mistral Gagnant 13509
11 Céline Dion Pour Que Tu M’aimes Encore 12833
12 Francis Cabrel Je L’aime A Mourir 12768
13 Christophe Maé Il Est où le Bonheur 12676
14 Edith Piaf L’Hymne A L Amour 11645
15 Booba DKR 11368
*16 Calogero Le Portrait 10014
17 Black M Sur ma route 9799
18 Joyce Jonathan Les filles d’aujourd’hui 9528
19 MHD A kele n’ta 8674
20 Claude Francois Cette Annee-la 8471

Qu’est-ce qu’Antifraude ?

Antifraude est un outil développé par la CSDEM à destination de ses membres afin de les aider dans la lutte contre la publication frauduleuse des paroles de chansons.
Antifraude permet d’automatiser le travail nécessaire pour signaler à Google les sites publiant vos œuvres sans autorisation préalable.

Pour cela Antifraude vous propose une procédure en 2 étapes. Il va
1. Identifier les pages illégales
2. Remplir les pages de demande de suppression proposées par google

Réouverture légale du site paroles.net

Fermé définitivement en 2011 après une longue procédure entamée en 2005 par la CSDEM et les éditeurs, le site paroles.net est de nouveau accessible depuis le 4 octobre dernier, mais légalement cette fois.
Le nom de domaine est la propriété de la CSDEM qui en a licencié l’utilisation à Cypok Média.