NEWS DE L’EDITION 01/2018- (EN PARTENARIAT AVEC NEWSTANK CULTURE)

MAISON COMMUNE DE LA MUSIQUE: LES 10 RECOMMANDATIONS DE ROCH-OLIVIER MAISTRE

• Réaffirmer le rôle « stratégique et prescripteur » de l’État en faveur de la musique,
• Désigner au sein du ministère de la Culture « un visage unique pour la politique musicale »,
• Constituer « un opérateur public – un centre national – au service de l’ensemble de la musique »,
• Attribuer à ce centre national cinq missions d’intérêt général : l’observation, l’information, la formation, le développement international et le soutien économique,
• Affecter à ce centre national de nouvelles ressources issues notamment de la taxe sur la diffusion en ligne de contenus audiovisuels, « afin qu’il soit à même de répondre efficacement aux besoins du secteur musical »,
• Confier à ce centre national la gestion des crédits d’impôts à la production phonographique et à la production de spectacles vivants « et les pérenniser »,
• Mettre en place, pour ce centre national, une gouvernance « resserrée » : « efficace, partenariale et garante de l’intérêt général »
Encourager des rapprochements entre ce centre national et les organismes d’intérêt général,
• Étudier la faisabilité d’un regroupement immobilier entre ce centre national et ces organismes d’intérêt général,
• Constituer une mission de préfiguration de ce centre national,
telles sont les 10 recommandations inscrites dans le rapport « Rassembler la musique – Pour un centre national », issu de la mission relative à la « maison commune de la musique » confiée par Françoise Nyssen à Roch-Olivier Maistre, et publié par le ministère de la Culture le 15/11/2017.

« Les propositions présentées ici, qui pourraient conduire à la création du nouvel opérateur dès 2019, sont évoquées de longue date. Pour autant, les difficultés soulevées par leur mise en œuvre ne doivent pas être sous-estimées. Les échecs successifs des projets de centre national dédié à la musique ont mis en doute la volonté, sinon la capacité de l’État, à créer un jour un tel établissement. Ajoutées aux préoccupations souvent divergentes de nombre d’acteurs, elles impliquent que la concrétisation d’un tel projet soit l’objet d’un réel engagement de l’État », souligne le rapport dans sa synthèse.

« Fruit d’une large concertation, ce rapport d’une grande qualité apporte des réponses claires et objectives en faveur d’une politique ambitieuse pour la musique en France. (…) Roch-Olivier Maistre présentera son rapport à l’ensemble de la filière la semaine prochaine. Dans le même temps, le ministère engagera des consultations avec les organisations du secteur avant d’annoncer, au plus tard début janvier 2018, les décisions du Gouvernement », indique le ministère de la Culture.

News Tank détaille les mesures phares du rapport.

Constituer un opérateur public chargé de missions d’intérêt général

  • Chargé de missions d’intérêt général, cet opérateur « prendrait la forme d’un établissement public placé sous la tutelle de l’État ».
  • Deux conditions préalables « paraissent devoir être réunies pour mener à bien un tel projet » :
    • un financement « renforcé, permettant d’apporter une meilleure réponse aux besoins et aux évolutions du secteur musical »,
    • une gouvernance « adaptée, ménageant une place à chacun tout en garantissant l’intérêt général ».

Valeur ajoutée d’un tel opérateur : « unir, accroître le soutien au secteur, rationaliser »

  • Premier apport : une Maison commune de la musique « couvrirait l’ensemble du champ musical et de ses métiers au sein d’un espace utile de dialogue et de fertilisation croisée ».
  • Elle « atténuerait les trop nombreuses lignes de fracture qui traversent la vie musicale ».
  • Elle rassemblerait les acteurs du spectacle vivant et les acteurs de la musique enregistrée, « alors que l’intégration des stratégies contribue, en pratique, à réduire la portée de ce clivage ».
  • Elle permettrait au secteur musical de « disposer d’une voix forte pour faire entendre ses préoccupations et ses aspirations, tant à l’échelle nationale qu’au niveau européen ».
  • Deuxième apport : la création de cette Maison commune doit s’accompagner d’un « soutien accru de l’État au secteur ».
  • Par rapport aux outils existants un opérateur transversal « permettrait d’apporter une réponse plus adaptée aux enjeux identifiés, en particulier en termes de soutien à la diversité ou à l’innovation, dans une logique de décloisonnement. »
  • Troisième apport : participer au « processus de modernisation des organismes d’intérêt général intervenant dans le champ musical. »
  • Une Maison commune « parachèverait les évolutions du CNV, engagées depuis 2014, et prendrait sa suite ».
  • Dans une optique d’efficacité et de rationalisation, elle contribuerait à l’objectif d’une « organisation simplifiée et rationalisée » mis en avant dans le « Protocole d’accord pour un développement équitable de la musique en ligne » du 02/10/2015.
  • « Alors que certains de ces organismes, souvent de taille limitée, font actuellement face à des difficultés, elle créerait les conditions favorables à des mutualisations, voire à des rapprochements. »

Nom : un centre national

  • Ce centre national « placerait la musique sur un pied d’égalité avec les autres expressions culturelles. Au vu des échecs passés, il s’agit sans doute de la dernière occasion d’en doter enfin la musique. »

Périmètre : « toute la musique »

  • Une Maison commune de la musique « ne peut qu’être la maison de toutes les musiques, de toutes les esthétiques. »
  • Pour autant, ce périmètre « ne signifie pas que le centre national dédié à la musique aurait vocation à porter l’ensemble de la politique musicale : seules certaines missions auraient vocation à lui être confiées. »

Missions : observation, information, formation, développement international et soutien financier

  • Observation : à travers l’Observatoire de l’économie de la musique « en cours de déploiement » (mis en place par la loi LCAP). Objectif : disposer de données agrégées, « qui font défaut au champ musical », et construire « une vision globale et partagée des enjeux ».
  • Information : « alors que l’IRMA connaît des difficultés, l’intégration au sein d’un centre national lui permettrait d’engager sa mutation numérique et d’étendre son champ d’action, tout en capitalisant sur l’expérience acquise et les données recueillies ». La constitution d’une plateforme numérique de référence, « participant à l’orientation et au repérage des acteurs, pourrait être mise à l’étude. »
  • Formation : dans le prolongement du catalogue de formation actuellement proposé par l’IRMA, (…) un centre national pourrait « contribuer à dynamiser l’offre de formation initiale et continue à destination, en particulier, des créateurs ».
  • Développement international : participer à la démarche de renforcement des soutiens publics à l’export.
  • Soutien économique :
    • Participation au renforcement de l’effort en faveur de l’éducation artistique et culturelle,
    • Attribution d’aides automatiques,
    • Octroi d’aides sélectives par des commissions spécialisées, composées d’acteurs professionnels,
      • le régime de ces aides a vocation à être défini par les instances du centre national « en tirant profit de la transversalité de l’opérateur et en tenant compte des besoins de la filière musicale, de l’évolution du contexte économique ainsi que des priorités de la politique musicale définie par l’État »,
      • ces aides pourraient prendre la forme de subventions mais aussi d’avances remboursables ou de garanties.
    • Appui aux projets territoriaux,
      • sur le modèle des contrats de filière, conclus à l’initiative du CNV, notamment en Nouvelle-Aquitaine
  • Crédit d’impôt phonographique et spectacle vivant : « dans une optique de rationalisation, la gestion opérationnelle des deux crédits d’impôts, qui doivent être pérennisés, pourrait être transférée au centre national ».
    • Ce transfert « ne remettrait pas en cause l’attribution de la présidence des commissions d’agrément aux directeurs des administrations centrales ».
    • Il « n’affecterait pas la compétence de l’État pour déterminer les évolutions à apporter à ces mécanismes fiscaux ».

Financement : mutualisations et nouvelles ressources

  • L’apport de nouvelles ressources constitue « un préalable indispensable à la création d’une “maison commune de la musique”. »

Première source de financement : « effort budgétaire accru de l’État »

  • Dotation supplémentaire qui s’ajouterait à :
    • la contribution annuelle de l’État au CNV (1,19 M€ en 2017), « qui n’est pas à la hauteur des engagements pris lors de la création de l’établissement public en 2002 »,
    • la subvention versée aux organismes d’intérêt général, tels que l’IRMA (830 K€), qui feraient le choix de l’intégration,
    • « certaines lignes budgétaires actuellement gérées par les administrations centrales, notamment en matière d’emploi ou d’innovation et de transition numérique de la musique enregistrée ».
  • Cet apport supplémentaire « traduirait l’engagement de l’État en faveur du secteur ».

Deuxième source : la taxe sur la billetterie des spectacles actuellement affectée au CNV

  • Son rendement est « relativement dynamique (10,4 M€ en 2002,  30,6 M€ en 2016) »
  • Son plafonnement a été « régulièrement relevé ».
  • Les difficultés « récurrentes » de répartition entre cette taxe et la taxe affectée à l’ASTP« paraissent aujourd’hui résolues ».

Troisième source : à chercher en dehors du secteur

  • « Il ne serait pas illégitime que le champ musical bénéfice d’une fraction du produit de taxes actuellement affectées à d’autres secteurs », comme cela « avait été exploré par la mission “Création musicale et diversité à l’ère numérique”, en 2011 »
  • À court terme, deux pistes « sont plus particulièrement évoquées » :
    • d’une part, la part non affectée de la TOCE,
    • d’autre part, la taxe sur la diffusion en ligne de contenus audiovisuels : « la majoration du produit de la taxe pourrait être affectée à un centre national dédié à la musique, en complément du produit qui demeurerait affecté au CNC ».

Gouvernance : « efficace, partenariale et garante de l’intérêt général »

Conseil d’administration

  • Nécessairement resserré, ne devrait pas dépasser « une quinzaine de membres ».
  • Présidence qui « devrait être confiée à une personnalité expérimentée et indépendante », « afin de garantir l’adhésion de l’ensemble des acteurs ».
  • Sur la composition, deux options semblent possibles :
    • l’une, correspondant au modèle du CNL, « ménagerait un équilibre entre un collège, majoritaire, comprenant des parlementaires et les représentants de l’État et des collectivités territoriales, d’une part, et un collège professionnel, d’autre part. »
      • Cette option « présente l’avantage de permettre une présence des organisations professionnelles au sein du conseil d’administration »
    • l’autre, inspiré du modèle du CNC, « se traduirait par la création d’un conseil d’administration restreint aux parlementaires, aux représentants de l’État et des collectivités locales, ainsi qu’à quelques personnalités qualifiées. »

Composantes du centre national de la musique : « permettre des rapprochements »

  • Le CNV et ses agents sont appelés « à constituer le socle d’une “maison commune de la musique” ».
  • L’IRMA et ses personnels « auraient naturellement vocation à le rejoindre ».
  • L’intégration d’organismes d’intérêt général (FCMFAIRMFAMNLCDMC, Cafés-culture…) doit résulter, d’une part, d’une « volonté de prendre part au projet de centre national » et, d’autre part, d’une « analyse des apports de ces structures à son dessein fédérateur ».
  • Elle doit aussi tenir compte « du rôle majeur joué par leurs cofinanceurs que sont les sociétés de gestion collective, dont les contributions doivent être préservées ».
  • Certaines structures « se montrent intéressées par le projet ; d’autres se montrent plus réservées ».

Étudier la « faisabilité d’un regroupement immobilier »

  • « Le rapprochement physique, autre forme de l’idée de “maison commune”, pourrait constituer un signal porteur d’avenir et un instrument de collaboration accrue et fructueuse entre les acteurs, alors que le CNV et le Bureau Export doivent être relocalisés à brève échéance. »
  • Une implantation sur le site de la Villette « gagnerait à être explorée, tant elle ferait sens du fait de la présence de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, du CNSMD et de la Grande Halle. »

Mise en œuvre : une « démarche graduelle »

  • La constitution du nouvel établissement public « pourrait être confiée à une mission de préfiguration, appelée à fonctionner en collaboration avec le directeur du CNV, en lien avec les administrations centrales concernées, et en dialogue avec les différents acteurs professionnels ».
  • Cette mission « aurait pour vocation » de préparer les choix définitifs concernant le nom de l’établissement public, son périmètre, ses missions, son financement et sa gouvernance.
  • Ces choix déboucheraient « sur la préparation d’un vecteur législatif à soumettre au Parlement ».
  • La mission devrait également « permettre de déterminer la liste exacte des structures ayant vocation à être intégrées, dès sa constitution, au nouvel établissement public ».
  • Dans un second temps, trois chantiers « pourraient être engagés » :
    • le fonctionnement de l’établissement public (besoins en personnels, transfert de quelques agents de l’État, organigrammes, système d’information, etc.),
    • le regroupement immobilier,
    • la réflexion partenariale sur le régime des aides.

Permanence sur la fiscalité et la protection sociale

A partir de Février 2018, Maître Stéphanie Maury assurera une permanence sur la thématique de la fiscalité et de la protection sociale (Agessa, etc…) au sein des locaux de la CSDEM.
La permanence se tiendra les jeudis annoncés le mois précédent de 10h à 13h.
Elle recevra sur rendez-vous uniquement et pour une durée de 15 à 20 minutes les membres de la CSDEM et leurs auteurs qui auraient des questions concernant leur situation et leurs obligations en matière fiscale ou de protection sociale.
Lors de la prise de rendez-vous, il est indispensable de lister les questions à évoquer.

Une fois le RDV pris, merci donc d’écrire à csdem@csdem.org afin d’exposer le point que vous souhaitez aborder lors de l’entrevue.

Les rendez-vous ont lieu de préférence physiquement mais peuvent avoir lieu par Skype ou par téléphone pour des raisons spécifiques (notamment pour les éditeurs installés en province). Il est conseillé de venir avec les documents qui suscitent les questions.

La permanence est accessible gratuitement aux membres de la CSDEM à jour de leur cotisation.
N’hésitez donc pas à prendre rendez-vous dès à présent pour la prochaine permanence.

Prochaine permanence: Jeudi 15 Février de 10 à 13h

Prendre RDV

 

Stéphanie Maury, Docteur en droit et Avocat au Barreau de Paris, exerce au sein du cabinet LDEIS AVOCATS cofondé avec Me Céline COHEN.

Animatrice du pôle Propriété intellectuelle du cabinet, elle accompagne créateurs, artistes, producteurs et entrepreneurs des secteurs artistiques, et notamment de la musique, dans l’élaboration de leur activité et le suivi de leurs projets afin de répondre à leurs besoins juridiques.
Elle a en outre développé une compétence spécifique en matière de fiscalité et de protection sociale des différents intervenants des secteurs artistiques (notamment auteurs et artistes-interprètes).

Avocat depuis 2005, elle veille à actualiser sa pratique par des interventions dans le cadre de formations professionnelles dédiées et par la publication d’articles dans des revues juridiques spécialisées.

MYMA (Montmorency Music Agency)

Nom de la société

MYMA (Montmorency Music Agency)

Nom du Dirigeant

Sébastien Bonneau

Fonction dans la société :

CEO

Présentation et rapide historique de la société

Lido-Mélodies alias MYMA (Montmorency Music Agency) a fêté ses 60 ans en 2017. La génèse des éditions est directement liée au fameux cabaret parisien Le Lido, ainsi un grand nombre de revues du Lido constituent son répertoire éditorial originel. Au cours des années 70 et 80, des œuvres de grands noms du blues, du jazz, du gospel… rejoignent nos éditions (Stéphane Grappelli, Memphis Slim, Booker T. Laury, Sugar Blue, The Golden Gate Quartet, Chet Baker, Jean-Jacques Milteau,…). Dès le début des années 2000, MYMA oriente son activité éditoriale vers l’illustration musicale (Production Music), s’en suit un développement exponentiel en France et à l’international depuis 2010. Aujourd’hui 1ère agence indépendante en France, MYMA propose + de 60 labels premiums dont ses propres labels Justement Music et Montmorency Records, des labels étrangers tels que Abaco Music, JGM, Felt Music, Megatrax, No Sheet Music, Dos Brains, Jump, 9 Lives Music,… et depuis 2016 le prestigieux label anglais EMI Production Music (KPM Music, Music House, Juice Music, Selected Sound…). A l’international, les labels MYMA disposent d’un puissant réseau de distributeurs dans une quarantaine de pays.

Activité de la société, type de répertoire édité

Librairie musicale, supervision musicale, illustration musicale, Production Music.

Parcours professionnel

Héritage familial oblige, après Paul Bonneau, Christian Bonneau, c’est en 1995 que j’intègre les éditions familiales.

Année d’adhésion à la CSDEM

Bonne question ! Il y a longtemps !

Pourquoi adhérer ? Que représente le fait d’être adhérent de la CSDEM ?

Parce que les grands enjeux de demain se décident aujourd’hui, parce que l’union fait la force, parce que la défense du droit d’auteur est plus que jamais d’actualité, parce que la représentation de notre profession auprès des acteurs de la filière musicale et des institutions nationales, européennes et internationales est cruciale… l’adhésion à la CSDEM est simplement une évidence.

Votre vision de votre métier d’éditeur aujourd’hui ?

Hier il fallait vendre la musique qui était produite/écrite, aujourd’hui il faut produire la musique qui est susceptible d’être vendue/diffusée. Le métier d’éditeur s’est considérablement professionnalisé ces dernières années, qu’ils s’agissent de la Direction Artistique, de la synergie  Production (master) et Edition, du développement à l’international, des outils technologiques, de la ligne marketing, de la communication…

et demain ?

Question importante, voire existentielle car l’avenir dépend étroitement de sa capacité d’anticipation et d’adaptation aux évolutions/mutations technologiques, aux nouveaux modes de diffusion/communication de la musique.

Une conclusion?

Passion, ambition, persévérance, curiosité, indépendance, rigueur, identité résument mes 22 années passées au cœur de l’Edition musicale

Contact :

Site de MYMA

MYMA sur FB

Crédit Photo: Julien Vachon

Le TOP 20 BOEM de Décembre 2017

Retrouvez chaque mois, le top des paroles de la base BOEM les plus consultées en partenariat avec Paroles.net. Ce classement reflète les pages visitées entre le 1er et le 31 Décembre 2017. Les « * » signalent les entrées dans ce top.

Position Artiste Titre Page Vues
1* Johnny Hallyday Le pénitencier 70561
2* Johnny Hallyday Marie 52814
3* Johnny Hallyday Allumer le feu 40138
4* Johnny Hallyday Que Je T’aime 39221
5* Johnny Hallyday Vivre Pour Le Meilleur 35706
6 Francis Cabrel Je L’aime A Mourir 25001
7 La Reine Des Neiges Libérée Délivrée 23010
8 Edith Piaf L’Hymne A L Amour 20745
9 Soprano Mon Précieux 19450
10 Orelsan Défaite de famille 19032
11* Johnny Hallyday Retiens La Nuit 18206
12 Louane On était beau 17945
13 Orelsan Paradis 17236
14* Soprano Amour siamois 14554
15 Marie Myriam L’oiseau Et L’enfant 13297
16 Barbara L’aigle Noir 12740
17 Vianney Je m’en Vais 11424
18 Renaud Mistral Gagnant 11171
19 Orelsan San 11026
20 Orelsan Basique 10871

 

Le TOP 20 BOEM de Novembre 2017

Retrouvez chaque mois, le top des paroles de la base BOEM les plus consultées en partenariat avec Paroles.net. Ce classement reflète les pages visitées entre le 1er et le 30 Novembre 2017. Les « * » signalent les entrées dans ce top.

Position Artiste Titre Page Vues
1 Louane On était beau 36781
2 Orelsan Paradis 30565
3 Soprano Mon Précieux 24165
4 Orelsan Basique 21142
5 Orelsan San 21080
6 La Reine Des Neiges Libérée Délivrée 17554
7 Marie Myriam L’oiseau Et L’enfant 14730
8 Vianney Je m’en Vais 13631
9 Edith Piaf L’Hymne A L Amour 13432
10* Calogero Fondamental 13279
11 Orelsan Défaite de famille 12130
12* Vianney Dumbo 11039
13* Barbara L’aigle Noir 10818
14* Soprano Roule 10512
15 Francis Cabrel Je L’aime A Mourir 10126
16 Céline Dion Pour Que Tu M’aimes Encore 9493
17 Renaud Mistral Gagnant 9458
18* Céline Dion S’il Suffisait D’aimer 9155
19 Jacques Brel Ne Me Quitte Pas 9153
20* Kyo Ton Mec 8607

Formation/ Créateurs et Artistes Interprètes: Regimes Social et Fiscal

Pour cette rentrée, les formations de l’édition musicales vous proposent un premier module intitulé « Créateurs et Artistes Interprètes: Regimes Social et Fiscal ».

La formation aura lieu le Lundi 5 Février 2018 avec les intervenantes expertes de la question LAURENCE BOISSEAUX (Fiscaliste au sein de la Direction financière de la SACEM) et STÉPHANIE MAURY
(Docteur en Droit et Avocat au Barreau de Paris)

Il y sera abordé:

– Régime social et régime fiscal des revenus artistiques (cachets et droits d’auteur)
– Intervention des agents et managers : régime de leurs rémunérations
– Être ou ne pas être à la TVA ?
– Se préparer à la retenue à la source en 2019

Les inscriptions sont ouvertes !

La fiche programme

Formulaire d’inscription

Formulaire d’inscription étudiant

NEWS DE L’EDITION 11/2017 (EN PARTENARIAT AVEC NEWS TANK CULTURE)

MaMA2017 : « LE VOLUME DE RECHERCHES DE PAROLES SUR INTERNET ESTIME A 10 MILLIARDS » (WILL MILLS) 

« Les textes permettent de mieux comprendre les chansons, de s’approprier différemment celles qui sont connues ou d’en identifier et découvrir de nouvelles. Chaque année, on estime le volume de recherches de paroles sur Internet à plus de 10 milliards. En tant qu’artiste, il est important que vos paroles soient référencées, afin que les gens puissent vous découvrir. Les paroles sont également une grande source de métadonnées. Vous pouvez les utiliser pour faire beaucoup de choses, comme des playlists », déclare Will Mills, directeur des revenus chez LyricFind, à l’occasion du débat « Quel marché pour les paroles en ligne ? » dans le cadre de MaMA 2017, le 19/10/2017.

« En ce qui concerne la publicité ciblée, si vous voulez toucher le public d’Indochine par exemple, nous avons 10 000 fans tous les jours sur Paroles.net. Il y a beaucoup de choses à faire autour des paroles de musiques », ajoute Martin Mutel, directeur général de Cypok Media.

News Tank rend compte des échanges.

Les intervenants
Will Mills, directeur des revenus chez LyricFind
Delphine Paul, directrice synchronisation cinéma & télévision et marketing chez Sony/ATV Music Publishing, et présidente de la commission graphique au sein de la CSDEM
Martin Mutel, directeur général de Cypok Media
Jocelyn Bousquet, chef de projet chez Deezer
Jean-Luc Biaulet, PDG de Music Story
Modérateur : Rémi Bouton

« L’affichage des textes augmente le taux d’engagement des gens et le temps passé sur les services de musique en streaming, sans parler des avantages liés à l’utilisation des métadonnées » (Will Mills)

« Les textes permettent de mieux comprendre les chansons, de s’approprier différemment celles qui sont connues ou d’en identifier ou découvrir de nouvelles.
Chaque année on estime la volume de recherches de paroles sur Internet à plus de 10 milliards. En tant qu’artiste, il est important que vos paroles soient référencées, afin que les gens puissent vous découvrir.
Les textes sont également une grande source de métadonnées. Vous pouvez utiliser ces données pour faire beaucoup de choses comme des playlists.
Les recherches de paroles sont très orientées vers l’actualité. Quand Chester Bennington, le chanteur du groupe Linkin Park est mort (le 20/07/2017), le Top 10 entier concernait le groupe. Idem quand David Bowie est mort le 10/01/2016. Le top 30 était occupé par ses chansons.
10 à 15 % des vidéos vues sur YouTube sont des vidéos avec textes et elles ont doublé leur nombre de vues grâce à eux.
Les artistes qui sont dans notre base de données (LyricFind) touchent des revenus à chaque fois qu’un distributeur affiche ses textes.
Dans le futur, nous pourrions travailler avec la vidéo sur Facebook et la publication de citations pour des produits dérivés, tels que des tee-shirts.
L’affichage des textes augmente le taux d’engagement du public et le temps passé sur les services de musique en streaming, sans parler des avantages liés à l’utilisation des métadonnées. »
Will Mills

 

« Notre chiffre d’affaires progresse de 10 à 20 % par an » (Delphine Paul)

« Avant la création de la base BOEM, pour avoir l’autorisation de publier le texte d’une chanson, il fallait contacter chaque éditeur. La CSDEM a développé la BOEM en regroupant l’ensemble des paroles et chansons des éditeurs membres afin de proposer un guichet unique à ses exploitants.
L’exploitation de la BOEM à été confiée à la SEAM, qui gère les droits de reprographies et la copie privée numérique.
Depuis la création de la base en 2011, les exploitants sont de plus en plus nombreux. Nous avons signé l’an dernier un accord avec LyricFind à qui nous donnons BOEM en licence, et qui va ensuite licencier des paroles aux exploitants directement.
Cet accord va permettre d’avoir toutes les paroles disponibles directement sur des sites internationaux avec lesquels nous n’étions pas en discussion. Cela permet à des petits éditeurs français d’avoir accès au marché mondial et de savoir précisément où les chansons ont été visionnées.
Notre chiffre d’affaires progresse de 10 à 20 % par an et l’accord avec LyricFind nous donne l’espoir que 2017 soit encore plus intéressant. »
Delphine Paul

« Le rapport aux paroles est un rapport de passion. Le cœur du marché de la musique, c’est la passion » (Martin Mutel)

« Le rapport aux paroles est un rapport de passion. Le cœur du marché de la musique c’est la passion. 15 % des visites sur le site mènent à un partage de paroles, 90 % de la fréquentation vient des mobiles. Les gens ont besoin d’une parole sur le moment et la partagent.
Le marché des paroles a 50 ans. Depuis, il ne cesse de progresser.
Les paroles sont de plus en plus liées à la consommation de musique. L’œuvre de l’auteur peut avoir une vie en elle-même, toujours liée à la chanson, mais les mots sont de plus en plus mis en valeur en raison de leur disponibilité.
L’exploitation en ligne a commencé de manière illégale, car le marché n’était pas là. Il n’y avait pas beaucoup d’argent à prendre et beaucoup de travail à effectuer. Aujourd’hui, le marché devient mûr, Paroles.net est régulièrement le troisième site de musique le plus consulté de France.
Le top 10 du classement Médiamétrie des sites les plus visités en France sur la thématique musique compte 4 ou 5 sites de paroles. Sur Paroles.net, nous avons 6,5 millions de visiteurs par mois. Notre cible cœur de cible : les femmes entre 25 et 40 ans.
Les recherches de paroles sont très sensibles à l’actualité. Sur novembre et décembre, 10 à 15 % du trafic sont liés aux chansons de Noël. Le lendemain des attentats le 13/11/2015, les plus recherchés ont été La Marseillaise, Le chant des partisans et Les loups sont entrés dans Paris.
En ce qui concerne la publicité ciblée, si vous voulez toucher le public d’Indochine par exemple, nous avons 10 000 fans tous les jours sur Paroles.net. Il y a beaucoup de choses à faire autour des paroles de musiques. »
Martin Mutel

« Les textes ouvrent un champ des possibles presque infini » (Jocelyn Bousquet)

« Deezer a inclus les paroles de chansons sur son site en 2014. Nous y sommes allés car cela permettait de nous différencier sur le marché. Il y a également une valeur artistique et affective. Vous pouvez aller directement vers l’artiste à travers ses paroles et avoir la possibilité de partager une phrase ou un mot qui vous a plu avec votre entourage.
Du point de vue numérique, les paroles nous permettent d’enrichir le catalogue à travers les métadonnées. Nous en tirons des mots clés afin de faire un “matching” plus intéressant entre les chansons. Les textes ouvrent un champ des possibles presque infini.
Les données démographiques nous indiquent que nos utilisateurs sont à 85 % sur mobile et 51 % ont moins de 24 ans. Cette génération que l’on appelle les “millennials” est plus difficile à convaincre de s’abonner à la version premium. Les textes de chansons permettent aussi de valoriser cette version payante de notre site.
Sur l’ensemble du territoire, l’usage est similaire, ce sont des jeunes qui utilisent les textes en mode “karaoké” (les textes défilent en même temps que les chansons).
Sur son modèle gratuit, Deezer affiche de la publicité, et à chaque affichage d’une parole il y a potentiellement une mise en valeur financière. »
Jocelyn Bousquet

« Ce qui se développe depuis 10 ans, ce sont des sociétés comme la nôtre, plus petites mais plus souples, qui savent mettre en relation des partenaires et travailler dans un contexte particulier » (Jean-Luc Biaulet)
« Dans le contexte de la montée du streaming, où l’engagement autour de la proposition qui est faite ne peut plus éviter la data, on ne peut plus présenter une recherche d’artiste approximative. Cela devient un élément essentiel. C’est un outil de valeur ajoutée et de mise en avant important.
Sur les plateformes de streaming, 20 % du catalogue font presque 100 % de l’audience. Le “matching” des données est quelque chose qui doit être orienté par la demande. On n’imagine pas une chanson du top 1000 France de Deezer sans l’affichage des paroles. Le tri se fait en fonction de l’actualité, du volume d’écoute ou d’une certaine cible.
C’est un travail qui doit suivre le droit et la demande, mais qui est contraint par la faisabilité technique et la complexité.
Ce qui se développe depuis 10 ans, ce sont des sociétés comme la nôtre, plus petites mais plus souples, qui savent mettre en relation des partenaires et travailler dans des contextes particuliers.
Ce nouveau contexte du streaming permet à des acteurs techniques de s’exprimer davantage, car il y a des problématiques de traitement de données qui se posent, auxquelles nous prêtons attention. Par exemple les enceintes connectées ont besoin de beaucoup de données. Nous sommes à la fois capables de proposer des données, de les traiter et d’amener une solution la plus précise possible, qui ne va pas générer de charges pour nos clients. »

Jean-Luc Biaulet

Hold On Music

Nom de la société

Hold On Music

Nom du Dirigeant

Matthieu Morin

Fonction dans la société :

Gérant/Fondateur/Couteau-suisse

Présentation et rapide historique de la société

Hold On Music est une société d’édition, et de production  créée en 2012. Centrée sur les musiques actuelles, elle accompagne des artistes en développement dans la gestion de leur carrière et participe au rayonnement de leur musique, la plupart du temps dans une logique de long terme.

C’est également une structure qui en gère d’autres, notamment les éditions et productions JWS, les éditions Présence et qui propose ses services et conseils aux jeunes producteurs ou artistes.

Activité de la société, type de répertoire édité

L’activité se compose de  4  domaines principaux: l’édition, la production, le label et la  prestation de services aux structures musicales (gestion de labels, sortie d’albums, gestion du back-catalogue, de la fabrication, des droits voisins, des royalties…).

Le répertoire est essentiellement rock, au sens large (du garage au blues en passant par la folk) mais contient aussi un peu d’électro avec ce très joli projet qu’est De La Romance.

– Principales signatures : Parlor Snakes, The Red Goes Black,  Lena Deluxe, De La Romance, Métro Verlaine, I Love My Neighbours…

Parcours professionnel

Je suis diplomé d’un Bac ES et de l’Ecole de Management de Paris.
Dès ma sortie du lycée j’ai commencé à manager, en « semi-amateur », des groupes de rock et ce durant une dizaine d’années en parallèle de mes études puis de mon parcours professionnel. J’y ai notamment appris le booking, la communication, la production, l’édition, la gestion de projet et plus généralement l’organisation et les différents acteurs du milieu de la musique.
Je suis passé par plusieurs labels indépendants dont M10, Wagram Music, At(h)ome ou encore Archambault France, essentiellement en tant que chef de projet. Je me suis ensuite lancé en 2010 en indépendant avant de créer en 2012 Hold On Music.

Année d’adhésion à la CSDEM

2017

Pourquoi adhérer ? Que représente le fait d’être adhérent de la CSDEM ?

Déjà on se sent moins seul ! 😉 Et ensuite je dirai que « L’union fait la force » : on est toujours mieux entendu lorsque l’on est nombreux à parler d’une seule et même voix. C’est bénéfique autant pour les éditeurs que pour les auteurs, car nos intérêts sont communs et réciproques.

Cela permet aussi de bénéficier de conseils précis, d’être informé des évolutions structurelles et d’avoir un poids plus important pour la défense de nos intérêts et de notre profession.

Enfin c’est également un vecteur de rencontre et d’échange avec d’autres collègues éditeurs ce qui est très important, surtout lorsque l’on est seul à gérer sa structure.

Votre vision de votre métier d’éditeur aujourd’hui ?

C’est un métier passionnant au champ des possibles  incroyablement vaste. Nous n’avons pas qu’une « fonction » définie mais en regroupons plusieurs à la fois. Au-delà de l’aspect administratif qui n’est pas le plus « fun » bien que primordial, le travail de l’éditeur touche un grand nombre d’activités différentes et complémentaires, d’autant plus depuis quelques années où les éditeurs deviennent parfois aussi label ou producteur « par défaut ».

Cela ne se limite pas à la rédaction des contrats, au dépôt des œuvres ou à la vérification du bon versement des droits. Nous sommes un facteur clé de développement de carrière et apportons des idées, des conseils, une aide financière, la recherche de partenaires, la création de contenus… C’est pour cela que cela me plait et correspond bien à mon profil de « couteau-suisse ».
Chaque artiste, chaque projet est différent et il n’existe pas une recette miracle. On doit donc s’adapter sans cesse et savoir être polyvalent.

et demain ?

Les évolutions technologiques (numérique, dématérialisation) et la mutation profonde du secteur que j’observe depuis 15 ans ont et auront de nouveaux impacts.
De nature optimiste, j’ai tendance à penser que ce seront des évolutions positives qui aideront notamment à une meilleure identification des utilisations des œuvres et aideront au rayonnement international de celles-ci.

Une conclusion?

C’est un métier où la passion et le plaisir doivent toujours être présents. Quand on se lance dans en indépendant, il faut être capable de s’accrocher, être opiniâtre, curieux, sérieux, assidu et avoir en tête que rien n’arrive sans travail ni abnégation.

Contact :

Site de Hold On Music

Hold On Music sur FB

Hold On Music sur Instagram

Delphine Paul, Sony/ATV : « le chiffre d’affaire généré par Boem continue d’augmenter »

Article par Isabelle Szczepanski paru sur Electron Libre.

Certains des droits des éditeurs de musique sont gérés par la Sacem, et d’autres sont gérés en direct. Ainsi en est-il des droits graphiques sur les paroles et partitions. Les droits sur les paroles sont venus sur le devant de la scène avec l’arrivée, dès les débuts du Web, de sites reproduisant illégalement les paroles, et violant par la même les droits des éditeurs et des artistes qu’ils représentent. Pour gérer ce phénomène – et proposer des solutions aux sites souhaitant obtenir une licence dans les règles – les éditeurs français sont passés par la Chambre Syndicale de l’Edition Musicale (CSDEM). Delphine Paul de Sony/ATV préside la commission Graphique et Numérique de la CSDEM, en charge notamment des paroles de musiques. Elle nous explique les développements récents en matière de paroles en ligne, ainsi que les avancées des éditeurs grâce à la base de données « BOEM » mise en place par la CSDEM en 2008. A noter, la Commission Graphique travaille actuellement sur une version numérique de la fameuse Anthologie de la Musique Française.

La plupart des lyrics disponibles sur le net le sont sans l’autorisation des ayants-droit : cette affirmation était vraie il y a quatre ou cinq ans, l’est-elle encore aujourd’hui ?

Cela est de moins en moins vrai heureusement ! L’action des éditeurs contre les sites pirates tant en France qu’à l’international, ainsi que les campagnes de déréférencement ont porté leurs fruits. Il y a de moins en moins de sites illicites et l’offre légale de paroles s’est enrichie de nouveaux sites à l’ergonomie plus fonctionnelle que ne l’était celle des sites pirates.

Le programme BOEM mis en place par les éditeurs français porte-t-il ses fruits ? 

Créée à l’initiative de la CSDEM, BOEM – Base d’Oeuvres de l’Edition musicale – est une base de donnée regroupant les paroles des chansons de ses membres ainsi que les métadonnées associées. Cette base est renseignée directement pas les éditeurs, et opérée par la SEAM (Société des Editeurs et Auteurs de Musique), société de gestion collective qui assurait déjà la gestion de la reprographie des partitions et de la copie privée numérique graphique.

Cette idée de proposer une sorte de « guichet unique » pour un nombre conséquent d’œuvres facilite l’exploitation par des opérateurs digitaux. Ceux-ci ont ainsi accès à une grande partie du répertoire de chansons par une seule négociation. La fluidité de ce process les encourage à obtenir des licences légales.

Le chiffre d’affaire généré par Boem continue d’augmenter depuis sa création et la récente signature d’une licence avec Lyricfind (agrégateur) permettra au répertoire français d’avoir accès au marché mondial, ce qui générera plus de droits. Il sera aussi intéressant d’avoir des informations précises sur les territoires dans lesquels les œuvres sont consultées.

Qui sont les entreprises qui utilisent la base de données BOEM ? Plutôt des « vieilles » entreprises du web, ou plutôt des start-ups ? 

Beaucoup d’acteurs du digital s’intéressent aux paroles, car les paroles, par la saisie de mots clés, permettent de faire remonter les sites dans les moteurs de recherche. Les sites intéressés par les paroles sont donc très variés, des sites traditionnels aux applis starts up, en passant par des sites « musique » comme des sites plus généralistes. Par exemple, dans le secteur des médias, le site du Monde affiche les paroles de chanson via un accord passé avec paroles2chansons.com. Parallèlement, de nombreuses applis déjà consacrées à la musique comme « Shazam » publient aussi les paroles de chanson.

Deezer propose à ses usagers les paroles des musiques de son catalogue. Pourquoi pas iTunes ? Y a-t-il des chances que cela arrive dans un futur proche ? 

Deezer a un été l’un des premiers sites à publier les paroles avec l’objectif de créer un lien affectif avec les internautes qui s’approprient plus facilement une chanson avec les paroles.

Au-delà de cet aspect émotionnel, les paroles permettent d’enrichir le catalogue grâce aux métadonnées liées au textes.

Beaucoup d’autres sites sont en train d’avoir cette réflexion qu’a eu Deezer sur l’intérêt de publier les paroles. D’autant plus que le mode de consommation des paroles a encore évolué : les paroles sont aujourd’hui de plus en plus recherchées et visionnées sur les mobiles, les internautes aiment lire le texte en écoutant la chanson, puis les partager…

 

« En France, nous avons beaucoup œuvré pour qu’il n’y ait plus de sites illicites »

 

Avez-vous évalué le manque à gagner sur le marché des lyrics en ligne pour les éditeurs français du fait du piratage qui perdure ? Quel est, en outre, le profil des sites qui piratent ? 

En France, nous avons beaucoup œuvré pour qu’il n’y ait plus de sites illicites et la progression des chiffres de Boem confirme cette tendance. Il n’en reste pas moins qu’il est toujours difficile d’évaluer le manque à gagner sur des utilisations illicites car la plupart des sites qui restent pirates sont en général des sites étrangers sur lesquels nous avons peu de visibilité.

La Commission européenne a proposé un « notice and stay down » au lieu du système de notice and put down existant aujourd’hui vis-à-vis des plateformes. Pouvez-vous nous expliquer la différence ? Quelle solution a la préférence des éditeurs et pourquoi ? 

Ce qui est certain, c’est que la  procédure actuelle de « Notice and take down » n’est actuellement pas satisfaisante puisqu’elle bénéficie au contrefacteur : alors que pour solliciter le retrait d’un contenu illicite, l’ayant-droit est tenu de justifier de ses droits, il suffit au contrefacteur de faire une « counter claim » pour que le contenu litigieux soit remis en ligne, l’ayant-droit étant en retour informé qu’il lui appartient d’intenter une action en justice contre l’auteur du contenu illicite pour obtenir son retrait définitif. Il est en outre de plus en difficile de pouvoir identifier les créateurs des sites illicites.

Une piste de solution proposée par les éditeurs, par le biais de la CSDEM, consisterait à reconnaître des entités comme incontestables pour initier les procédures « notice and take down » avec cette particularité que, puisqu’une telle demande émanerait de ces entités, elle ferait perdre à l’exploitant du contenu litigieux toute possibilité de faire une counter claim et obtenir de ce seul fait, la remise en ligne du contenu litigieux. Une telle procédure nouvelle conduirait l’exploitant à suivre obligatoirement une procédure de résolution des litiges pouvant mener à ce que le contenu soit remis en ligne ou pas. Au travers de cette procédure, il serait tenu d’entrer en contact avec le titulaire des droits d’auteur et donc de s’identifier.

 

Dupliqué sur www.csdem.org avec l’aimable autorisation d’Isabelle Szczepanski et d’Electron Libre

Isabelle Szczepanski  / 06 71 18 47 60/ http://www.electronlibre.info/