NEWS DE L’EDITION 11/2017 (EN PARTENARIAT AVEC NEWS TANK CULTURE)

MaMA2017 : « LE VOLUME DE RECHERCHES DE PAROLES SUR INTERNET ESTIME A 10 MILLIARDS » (WILL MILLS) 

« Les textes permettent de mieux comprendre les chansons, de s’approprier différemment celles qui sont connues ou d’en identifier et découvrir de nouvelles. Chaque année, on estime le volume de recherches de paroles sur Internet à plus de 10 milliards. En tant qu’artiste, il est important que vos paroles soient référencées, afin que les gens puissent vous découvrir. Les paroles sont également une grande source de métadonnées. Vous pouvez les utiliser pour faire beaucoup de choses, comme des playlists », déclare Will Mills, directeur des revenus chez LyricFind, à l’occasion du débat « Quel marché pour les paroles en ligne ? » dans le cadre de MaMA 2017, le 19/10/2017.

« En ce qui concerne la publicité ciblée, si vous voulez toucher le public d’Indochine par exemple, nous avons 10 000 fans tous les jours sur Paroles.net. Il y a beaucoup de choses à faire autour des paroles de musiques », ajoute Martin Mutel, directeur général de Cypok Media.

News Tank rend compte des échanges.

Les intervenants
Will Mills, directeur des revenus chez LyricFind
Delphine Paul, directrice synchronisation cinéma & télévision et marketing chez Sony/ATV Music Publishing, et présidente de la commission graphique au sein de la CSDEM
Martin Mutel, directeur général de Cypok Media
Jocelyn Bousquet, chef de projet chez Deezer
Jean-Luc Biaulet, PDG de Music Story
Modérateur : Rémi Bouton

« L’affichage des textes augmente le taux d’engagement des gens et le temps passé sur les services de musique en streaming, sans parler des avantages liés à l’utilisation des métadonnées » (Will Mills)

« Les textes permettent de mieux comprendre les chansons, de s’approprier différemment celles qui sont connues ou d’en identifier ou découvrir de nouvelles.
Chaque année on estime la volume de recherches de paroles sur Internet à plus de 10 milliards. En tant qu’artiste, il est important que vos paroles soient référencées, afin que les gens puissent vous découvrir.
Les textes sont également une grande source de métadonnées. Vous pouvez utiliser ces données pour faire beaucoup de choses comme des playlists.
Les recherches de paroles sont très orientées vers l’actualité. Quand Chester Bennington, le chanteur du groupe Linkin Park est mort (le 20/07/2017), le Top 10 entier concernait le groupe. Idem quand David Bowie est mort le 10/01/2016. Le top 30 était occupé par ses chansons.
10 à 15 % des vidéos vues sur YouTube sont des vidéos avec textes et elles ont doublé leur nombre de vues grâce à eux.
Les artistes qui sont dans notre base de données (LyricFind) touchent des revenus à chaque fois qu’un distributeur affiche ses textes.
Dans le futur, nous pourrions travailler avec la vidéo sur Facebook et la publication de citations pour des produits dérivés, tels que des tee-shirts.
L’affichage des textes augmente le taux d’engagement du public et le temps passé sur les services de musique en streaming, sans parler des avantages liés à l’utilisation des métadonnées. »
Will Mills

 

« Notre chiffre d’affaires progresse de 10 à 20 % par an » (Delphine Paul)

« Avant la création de la base BOEM, pour avoir l’autorisation de publier le texte d’une chanson, il fallait contacter chaque éditeur. La CSDEM a développé la BOEM en regroupant l’ensemble des paroles et chansons des éditeurs membres afin de proposer un guichet unique à ses exploitants.
L’exploitation de la BOEM à été confiée à la SEAM, qui gère les droits de reprographies et la copie privée numérique.
Depuis la création de la base en 2011, les exploitants sont de plus en plus nombreux. Nous avons signé l’an dernier un accord avec LyricFind à qui nous donnons BOEM en licence, et qui va ensuite licencier des paroles aux exploitants directement.
Cet accord va permettre d’avoir toutes les paroles disponibles directement sur des sites internationaux avec lesquels nous n’étions pas en discussion. Cela permet à des petits éditeurs français d’avoir accès au marché mondial et de savoir précisément où les chansons ont été visionnées.
Notre chiffre d’affaires progresse de 10 à 20 % par an et l’accord avec LyricFind nous donne l’espoir que 2017 soit encore plus intéressant. »
Delphine Paul

« Le rapport aux paroles est un rapport de passion. Le cœur du marché de la musique, c’est la passion » (Martin Mutel)

« Le rapport aux paroles est un rapport de passion. Le cœur du marché de la musique c’est la passion. 15 % des visites sur le site mènent à un partage de paroles, 90 % de la fréquentation vient des mobiles. Les gens ont besoin d’une parole sur le moment et la partagent.
Le marché des paroles a 50 ans. Depuis, il ne cesse de progresser.
Les paroles sont de plus en plus liées à la consommation de musique. L’œuvre de l’auteur peut avoir une vie en elle-même, toujours liée à la chanson, mais les mots sont de plus en plus mis en valeur en raison de leur disponibilité.
L’exploitation en ligne a commencé de manière illégale, car le marché n’était pas là. Il n’y avait pas beaucoup d’argent à prendre et beaucoup de travail à effectuer. Aujourd’hui, le marché devient mûr, Paroles.net est régulièrement le troisième site de musique le plus consulté de France.
Le top 10 du classement Médiamétrie des sites les plus visités en France sur la thématique musique compte 4 ou 5 sites de paroles. Sur Paroles.net, nous avons 6,5 millions de visiteurs par mois. Notre cible cœur de cible : les femmes entre 25 et 40 ans.
Les recherches de paroles sont très sensibles à l’actualité. Sur novembre et décembre, 10 à 15 % du trafic sont liés aux chansons de Noël. Le lendemain des attentats le 13/11/2015, les plus recherchés ont été La Marseillaise, Le chant des partisans et Les loups sont entrés dans Paris.
En ce qui concerne la publicité ciblée, si vous voulez toucher le public d’Indochine par exemple, nous avons 10 000 fans tous les jours sur Paroles.net. Il y a beaucoup de choses à faire autour des paroles de musiques. »
Martin Mutel

« Les textes ouvrent un champ des possibles presque infini » (Jocelyn Bousquet)

« Deezer a inclus les paroles de chansons sur son site en 2014. Nous y sommes allés car cela permettait de nous différencier sur le marché. Il y a également une valeur artistique et affective. Vous pouvez aller directement vers l’artiste à travers ses paroles et avoir la possibilité de partager une phrase ou un mot qui vous a plu avec votre entourage.
Du point de vue numérique, les paroles nous permettent d’enrichir le catalogue à travers les métadonnées. Nous en tirons des mots clés afin de faire un “matching” plus intéressant entre les chansons. Les textes ouvrent un champ des possibles presque infini.
Les données démographiques nous indiquent que nos utilisateurs sont à 85 % sur mobile et 51 % ont moins de 24 ans. Cette génération que l’on appelle les “millennials” est plus difficile à convaincre de s’abonner à la version premium. Les textes de chansons permettent aussi de valoriser cette version payante de notre site.
Sur l’ensemble du territoire, l’usage est similaire, ce sont des jeunes qui utilisent les textes en mode “karaoké” (les textes défilent en même temps que les chansons).
Sur son modèle gratuit, Deezer affiche de la publicité, et à chaque affichage d’une parole il y a potentiellement une mise en valeur financière. »
Jocelyn Bousquet

« Ce qui se développe depuis 10 ans, ce sont des sociétés comme la nôtre, plus petites mais plus souples, qui savent mettre en relation des partenaires et travailler dans un contexte particulier » (Jean-Luc Biaulet)
« Dans le contexte de la montée du streaming, où l’engagement autour de la proposition qui est faite ne peut plus éviter la data, on ne peut plus présenter une recherche d’artiste approximative. Cela devient un élément essentiel. C’est un outil de valeur ajoutée et de mise en avant important.
Sur les plateformes de streaming, 20 % du catalogue font presque 100 % de l’audience. Le “matching” des données est quelque chose qui doit être orienté par la demande. On n’imagine pas une chanson du top 1000 France de Deezer sans l’affichage des paroles. Le tri se fait en fonction de l’actualité, du volume d’écoute ou d’une certaine cible.
C’est un travail qui doit suivre le droit et la demande, mais qui est contraint par la faisabilité technique et la complexité.
Ce qui se développe depuis 10 ans, ce sont des sociétés comme la nôtre, plus petites mais plus souples, qui savent mettre en relation des partenaires et travailler dans des contextes particuliers.
Ce nouveau contexte du streaming permet à des acteurs techniques de s’exprimer davantage, car il y a des problématiques de traitement de données qui se posent, auxquelles nous prêtons attention. Par exemple les enceintes connectées ont besoin de beaucoup de données. Nous sommes à la fois capables de proposer des données, de les traiter et d’amener une solution la plus précise possible, qui ne va pas générer de charges pour nos clients. »

Jean-Luc Biaulet

Hold On Music

Nom de la société

Hold On Music

Nom du Dirigeant

Matthieu Morin

Fonction dans la société :

Gérant/Fondateur/Couteau-suisse

Présentation et rapide historique de la société

Hold On Music est une société d’édition, et de production  créée en 2012. Centrée sur les musiques actuelles, elle accompagne des artistes en développement dans la gestion de leur carrière et participe au rayonnement de leur musique, la plupart du temps dans une logique de long terme.

C’est également une structure qui en gère d’autres, notamment les éditions et productions JWS, les éditions Présence et qui propose ses services et conseils aux jeunes producteurs ou artistes.

Activité de la société, type de répertoire édité

L’activité se compose de  4  domaines principaux: l’édition, la production, le label et la  prestation de services aux structures musicales (gestion de labels, sortie d’albums, gestion du back-catalogue, de la fabrication, des droits voisins, des royalties…).

Le répertoire est essentiellement rock, au sens large (du garage au blues en passant par la folk) mais contient aussi un peu d’électro avec ce très joli projet qu’est De La Romance.

– Principales signatures : Parlor Snakes, The Red Goes Black,  Lena Deluxe, De La Romance, Métro Verlaine, I Love My Neighbours…

Parcours professionnel

Je suis diplomé d’un Bac ES et de l’Ecole de Management de Paris.
Dès ma sortie du lycée j’ai commencé à manager, en « semi-amateur », des groupes de rock et ce durant une dizaine d’années en parallèle de mes études puis de mon parcours professionnel. J’y ai notamment appris le booking, la communication, la production, l’édition, la gestion de projet et plus généralement l’organisation et les différents acteurs du milieu de la musique.
Je suis passé par plusieurs labels indépendants dont M10, Wagram Music, At(h)ome ou encore Archambault France, essentiellement en tant que chef de projet. Je me suis ensuite lancé en 2010 en indépendant avant de créer en 2012 Hold On Music.

Année d’adhésion à la CSDEM

2017

Pourquoi adhérer ? Que représente le fait d’être adhérent de la CSDEM ?

Déjà on se sent moins seul ! 😉 Et ensuite je dirai que « L’union fait la force » : on est toujours mieux entendu lorsque l’on est nombreux à parler d’une seule et même voix. C’est bénéfique autant pour les éditeurs que pour les auteurs, car nos intérêts sont communs et réciproques.

Cela permet aussi de bénéficier de conseils précis, d’être informé des évolutions structurelles et d’avoir un poids plus important pour la défense de nos intérêts et de notre profession.

Enfin c’est également un vecteur de rencontre et d’échange avec d’autres collègues éditeurs ce qui est très important, surtout lorsque l’on est seul à gérer sa structure.

Votre vision de votre métier d’éditeur aujourd’hui ?

C’est un métier passionnant au champ des possibles  incroyablement vaste. Nous n’avons pas qu’une « fonction » définie mais en regroupons plusieurs à la fois. Au-delà de l’aspect administratif qui n’est pas le plus « fun » bien que primordial, le travail de l’éditeur touche un grand nombre d’activités différentes et complémentaires, d’autant plus depuis quelques années où les éditeurs deviennent parfois aussi label ou producteur « par défaut ».

Cela ne se limite pas à la rédaction des contrats, au dépôt des œuvres ou à la vérification du bon versement des droits. Nous sommes un facteur clé de développement de carrière et apportons des idées, des conseils, une aide financière, la recherche de partenaires, la création de contenus… C’est pour cela que cela me plait et correspond bien à mon profil de « couteau-suisse ».
Chaque artiste, chaque projet est différent et il n’existe pas une recette miracle. On doit donc s’adapter sans cesse et savoir être polyvalent.

et demain ?

Les évolutions technologiques (numérique, dématérialisation) et la mutation profonde du secteur que j’observe depuis 15 ans ont et auront de nouveaux impacts.
De nature optimiste, j’ai tendance à penser que ce seront des évolutions positives qui aideront notamment à une meilleure identification des utilisations des œuvres et aideront au rayonnement international de celles-ci.

Une conclusion?

C’est un métier où la passion et le plaisir doivent toujours être présents. Quand on se lance dans en indépendant, il faut être capable de s’accrocher, être opiniâtre, curieux, sérieux, assidu et avoir en tête que rien n’arrive sans travail ni abnégation.

Contact :

Site de Hold On Music

Hold On Music sur FB

Hold On Music sur Instagram

Delphine Paul, Sony/ATV : « le chiffre d’affaire généré par Boem continue d’augmenter »

Article par Isabelle Szczepanski paru sur Electron Libre.

Certains des droits des éditeurs de musique sont gérés par la Sacem, et d’autres sont gérés en direct. Ainsi en est-il des droits graphiques sur les paroles et partitions. Les droits sur les paroles sont venus sur le devant de la scène avec l’arrivée, dès les débuts du Web, de sites reproduisant illégalement les paroles, et violant par la même les droits des éditeurs et des artistes qu’ils représentent. Pour gérer ce phénomène – et proposer des solutions aux sites souhaitant obtenir une licence dans les règles – les éditeurs français sont passés par la Chambre Syndicale de l’Edition Musicale (CSDEM). Delphine Paul de Sony/ATV préside la commission Graphique et Numérique de la CSDEM, en charge notamment des paroles de musiques. Elle nous explique les développements récents en matière de paroles en ligne, ainsi que les avancées des éditeurs grâce à la base de données « BOEM » mise en place par la CSDEM en 2008. A noter, la Commission Graphique travaille actuellement sur une version numérique de la fameuse Anthologie de la Musique Française.

La plupart des lyrics disponibles sur le net le sont sans l’autorisation des ayants-droit : cette affirmation était vraie il y a quatre ou cinq ans, l’est-elle encore aujourd’hui ?

Cela est de moins en moins vrai heureusement ! L’action des éditeurs contre les sites pirates tant en France qu’à l’international, ainsi que les campagnes de déréférencement ont porté leurs fruits. Il y a de moins en moins de sites illicites et l’offre légale de paroles s’est enrichie de nouveaux sites à l’ergonomie plus fonctionnelle que ne l’était celle des sites pirates.

Le programme BOEM mis en place par les éditeurs français porte-t-il ses fruits ? 

Créée à l’initiative de la CSDEM, BOEM – Base d’Oeuvres de l’Edition musicale – est une base de donnée regroupant les paroles des chansons de ses membres ainsi que les métadonnées associées. Cette base est renseignée directement pas les éditeurs, et opérée par la SEAM (Société des Editeurs et Auteurs de Musique), société de gestion collective qui assurait déjà la gestion de la reprographie des partitions et de la copie privée numérique graphique.

Cette idée de proposer une sorte de « guichet unique » pour un nombre conséquent d’œuvres facilite l’exploitation par des opérateurs digitaux. Ceux-ci ont ainsi accès à une grande partie du répertoire de chansons par une seule négociation. La fluidité de ce process les encourage à obtenir des licences légales.

Le chiffre d’affaire généré par Boem continue d’augmenter depuis sa création et la récente signature d’une licence avec Lyricfind (agrégateur) permettra au répertoire français d’avoir accès au marché mondial, ce qui générera plus de droits. Il sera aussi intéressant d’avoir des informations précises sur les territoires dans lesquels les œuvres sont consultées.

Qui sont les entreprises qui utilisent la base de données BOEM ? Plutôt des « vieilles » entreprises du web, ou plutôt des start-ups ? 

Beaucoup d’acteurs du digital s’intéressent aux paroles, car les paroles, par la saisie de mots clés, permettent de faire remonter les sites dans les moteurs de recherche. Les sites intéressés par les paroles sont donc très variés, des sites traditionnels aux applis starts up, en passant par des sites « musique » comme des sites plus généralistes. Par exemple, dans le secteur des médias, le site du Monde affiche les paroles de chanson via un accord passé avec paroles2chansons.com. Parallèlement, de nombreuses applis déjà consacrées à la musique comme « Shazam » publient aussi les paroles de chanson.

Deezer propose à ses usagers les paroles des musiques de son catalogue. Pourquoi pas iTunes ? Y a-t-il des chances que cela arrive dans un futur proche ? 

Deezer a un été l’un des premiers sites à publier les paroles avec l’objectif de créer un lien affectif avec les internautes qui s’approprient plus facilement une chanson avec les paroles.

Au-delà de cet aspect émotionnel, les paroles permettent d’enrichir le catalogue grâce aux métadonnées liées au textes.

Beaucoup d’autres sites sont en train d’avoir cette réflexion qu’a eu Deezer sur l’intérêt de publier les paroles. D’autant plus que le mode de consommation des paroles a encore évolué : les paroles sont aujourd’hui de plus en plus recherchées et visionnées sur les mobiles, les internautes aiment lire le texte en écoutant la chanson, puis les partager…

 

« En France, nous avons beaucoup œuvré pour qu’il n’y ait plus de sites illicites »

 

Avez-vous évalué le manque à gagner sur le marché des lyrics en ligne pour les éditeurs français du fait du piratage qui perdure ? Quel est, en outre, le profil des sites qui piratent ? 

En France, nous avons beaucoup œuvré pour qu’il n’y ait plus de sites illicites et la progression des chiffres de Boem confirme cette tendance. Il n’en reste pas moins qu’il est toujours difficile d’évaluer le manque à gagner sur des utilisations illicites car la plupart des sites qui restent pirates sont en général des sites étrangers sur lesquels nous avons peu de visibilité.

La Commission européenne a proposé un « notice and stay down » au lieu du système de notice and put down existant aujourd’hui vis-à-vis des plateformes. Pouvez-vous nous expliquer la différence ? Quelle solution a la préférence des éditeurs et pourquoi ? 

Ce qui est certain, c’est que la  procédure actuelle de « Notice and take down » n’est actuellement pas satisfaisante puisqu’elle bénéficie au contrefacteur : alors que pour solliciter le retrait d’un contenu illicite, l’ayant-droit est tenu de justifier de ses droits, il suffit au contrefacteur de faire une « counter claim » pour que le contenu litigieux soit remis en ligne, l’ayant-droit étant en retour informé qu’il lui appartient d’intenter une action en justice contre l’auteur du contenu illicite pour obtenir son retrait définitif. Il est en outre de plus en difficile de pouvoir identifier les créateurs des sites illicites.

Une piste de solution proposée par les éditeurs, par le biais de la CSDEM, consisterait à reconnaître des entités comme incontestables pour initier les procédures « notice and take down » avec cette particularité que, puisqu’une telle demande émanerait de ces entités, elle ferait perdre à l’exploitant du contenu litigieux toute possibilité de faire une counter claim et obtenir de ce seul fait, la remise en ligne du contenu litigieux. Une telle procédure nouvelle conduirait l’exploitant à suivre obligatoirement une procédure de résolution des litiges pouvant mener à ce que le contenu soit remis en ligne ou pas. Au travers de cette procédure, il serait tenu d’entrer en contact avec le titulaire des droits d’auteur et donc de s’identifier.

 

Dupliqué sur www.csdem.org avec l’aimable autorisation d’Isabelle Szczepanski et d’Electron Libre

Isabelle Szczepanski  / 06 71 18 47 60/ http://www.electronlibre.info/

Le TOP 20 BOEM de Octobre 2017

Retrouvez chaque mois, le top des paroles de la base BOEM les plus consultées en partenariat avec Paroles.net. Ce classement reflète les pages visitées entre le 1er et le 31 Octobre 2017. Les « * » signalent les entrées dans ce top.

Position Artiste Titre Page Vues
1 Orelsan Basique 63078
2* Louane On était beau 28871
3 Soprano Mon Précieux 23535
4* Orelsan Paradis 21192
5* Orelsan San 16597
6 Marie Myriam L’oiseau Et L’enfant 14861
7 Edith Piaf L’Hymne A L Amour 13801
8 Aya Nakamura Comportement 13229
9* Orelsan Défaite de famille 12960
10* Orelsan La fête est finie 12171
11 Vianney Je m’en Vais 11423
12 La Reine Des Neiges Libérée Délivrée 11364
13 Soprano Coeurdonnier 10930
14 Francis Cabrel Je L’aime A Mourir 10892
15 Céline Dion Pour Que Tu M’aimes Encore 10290
16 Ash Kidd Lolita 9918
17 Edith Piaf La Vie En Rose 9411
18 Jacques Brel Ne Me Quitte Pas 9086
19 Renaud Mistral Gagnant 8964
20* Florent Pagny Savoir Aimer 8840

TPLM se mobilise pour la création musicale

Après étude approfondie du projet de loi de finances pour 2018 (par rapport au PLF 2017), la filière musicale découvre que le ministère de la Culture prévoit de réduire de 1,6 M€ son soutien aux ensembles spécialisés conventionnés et de 1,5 M€ pour les structures non labellisées de création et de diffusion musicale.

Les festivals de musique accusent pour leur part une baisse de près d’1 M€ de leur subvention. Considérant les faibles augmentations de 0,7 M€ pour les ensembles spécialisés non conventionnés, de 0,1 M€ pour les résidences musicales et de 240 K€ pour conforter le réseau des CNCM, la création musicale est, au final, affectée de façon sensible.

Les importants transferts de crédits du programme 131 (Création) vers le 224 (Transmission des savoirs et démocratisation culturelle) doivent nous rappeler qu’aucune action structurante de transmission et de rencontre avec les citoyens et les territoires n’a de sens si le cœur de la démarche artistique, la création, n’est pas confortée.

Tous Pour La Musique souhaite rappeler son attachement à une politique publique de la musique portée sur les territoires par l’ensemble des acteurs (lieux, festivals, équipes artistiques) dont l’existence repose sur le multi-partenariat Etat et collectivités territoriales.

La filière musicale se bat depuis des années pour que toutes les ressources convergent vers un renforcement de la création et de la diversité musicale, lui permettant d’assurer ses missions d’intérêt général.

A ce titre, Tous Pour La Musique appelle unanimement le Ministère de la Culture à clarifier son soutien à la création musicale et le Gouvernement et le Parlement à modifier le projet de loi de finances pour 2018, afin de relever les crédits déconcentrés du ministère de la Culture en faveur de la Création musicale (programme 131) à hauteur du
précédent exercice.

Contact : Aurélie Foucher – (0)7 60 49 44 06

Répondez au sondage sur « Les formations de l’édition musicale »

L’ACDMF, partenaire de la CSDEM pour la formation, vous a envoyé un email vendredi dernier pour participer à un sondage sur « Les formations de l’édition musicale ».

Son but est d’identifier vos besoins, de faire évoluer son offre de formation « métier », de façon à répondre au mieux à vos attentes lors de nos actions de formation.

Merci de prendre le temps de remplir ce questionnaire qui ne sera disponible que jusqu’au vendredi 10 novembre 2017.

– Répondre au sondage –

KAA Production

Nom de la société

KAA Production

Nom du Dirigeant

Nicolas Rabaud

Fonction dans la société :

Président, fondateur

Présentation et rapide historique de la société

KAA Production est née en mai 2000, d’une volonté d’indépendance.

D’abord producteur, nous sommes devenus éditeur en 2012. Nous gérons un catalogue d’environs 2000 œuvres. Spécialisé dans les musiques électroniques, nous développons des actions de sensibilisation sur le droit d’auteur auprès des DJ, producteur, organisateur de soirées et de festivals en France et à l’étranger.

Activité de la société, type de répertoire édité

Notre catalogue est composé principalement de musiques électroniques : instrumentales, chantées, de la plus underground à la plus populaire.

Nos dernières signatures NAPKEY, MIRAGE CLUB, AXMOD, YUNG DIGGERZ.

Nous développons également une collection de musique à l’image et autres genres musicaux.

Parcours professionnel

Ingénieur du son,  compositeur et passionné de musiques électroniques, j’apprends le métier d’éditeur au fil des expériences et des évolutions vécues depuis 17 ans au sein de KAA Production.

Année d’adhésion à la CSDEM

2016

Pourquoi adhérer ? Que représente le fait d’être adhérent de la CSDEM ?

Dans ce métier, l’échange, le réseau, c’est primordial !

La CSDEM est le vecteur parfait pour demander conseil à des professionnels du secteur, avoir des retours d’expériences, avoir la possibilité de participer aux réflexions sur l’évolution du métier d’éditeur et fluidifier les échanges avec la SACEM.

Votre vision de votre métier d’éditeur aujourd’hui ?

Point commun entre tous les éditeurs, la gestion des fondamentaux : l’aspect administratif et la recherche d’exploitation des œuvres. Mais le marché nous oblige à être polyvalents. Pour faire émerger un auteur compositeur interprète, on finance, on produit, on communique, on accompagne dans la création du live et la recherche des bons partenaires. Ce qui nous fait vibrer : trouver une pépite brute et en faire un bijou.

et demain ?

Les évolutions du numériques sont à suivre de très près.

Les outils d’identification des œuvres en ligne en cours de développement, contribueront à assurer une rémunération plus juste des créateurs (Urights, Dubset…).

Une conclusion?

La passion est notre moteur. Elle est essentielle dans cet écosystème en mutation depuis tant d’années.

Contact :

Site de KAA Production

KAA Production sur FB

Le TOP 20 BOEM de Septembre 2017

Retrouvez chaque mois, le top des paroles de la base BOEM les plus consultées en partenariat avec Paroles.net. Ce classement reflète les pages visitées entre le 1er et le 30 Septembre 2017. Les « * » signalent les entrées dans ce top.

Position Artiste Titre Page Vues
1* Soprano Mon Précieux 40483
2* Aya Nakamura Comportement 33272
3 Soprano Coeurdonnier 27766
4* Orelsan Basique 20982
5 Francis Cabrel Je L’aime A Mourir 12451
6 Edith Piaf L’Hymne A L Amour 11815
7 Vianney Je m’en Vais 11309
8 Marie Myriam L’oiseau Et L’enfant 10476
9 Soprano Roule 10360
10 Renaud Mistral Gagnant 10121
11 La Reine Des Neiges Libérée Délivrée 10022
12 Céline Dion Pour Que Tu M’aimes Encore 9867
13 Ash Kidd Lolita 9625
14 Arcadian Ton Combat 9203
15 Jacques Brel Ne Me Quitte Pas 9104
16 Edith Piaf La Vie En Rose 8606
17* Jacques Brel Quand On N’a Que L’amour 8299
18* Céline Dion S’il Suffisait D’aimer 7297
19 KeBlack Bazardée 7120
20* Lomepal Yeux disent 7073

NEWS DE L’EDITION 10/2017 (EN PARTENARIAT AVEC NEWS TANK CULTURE)

« AUTEURS ET EDITEURS NE S’ETAIENT PAS PARLE DEPUIS TRES LONGTEMPS » (Juliette METZ, CSDEM)

« Le propos n’était pas de réécrire le contrat d’édition, mais d’établir un code. Le CPI comporte cette phrase : “Conformément aux usages de la profession“. Mais ces usages n’avaient jamais été définis. Il fallait pouvoir dire qui est qui, et qui fait quoi, en définissant clairement ce qu’est un éditeur et ce qu’est un auteur, et de quelle manière ils doivent travailler ensemble. Il était normal que nos relations soient compliquées dans ces discussions. Les éditeurs sont dans la logique de leur catalogue, nous sommes dans la logique de notre répertoire. Il y avait forcément de la passion, que nous avons essayé de dépasser », déclare à News Tank Olivier Delevingne, président de l’UNAC, au sujet du Code des usages et des bonnes pratiques de l’édition musicale, signé au ministère de la Culture le 04/10/2017.« Ce Code des usages ne fait que 15 pages, ce qui peut sembler assez maigre, mais il est en fait très dense. Et puis les discussions ont été pointilleuses, car il fallait mettre tout le monde d’accord. Enfin, cela a été long aussi parce qu’auteurs et éditeurs ne s’étaient pas parlé depuis très longtemps. Il a fallu tout aborder, tout remettre à plat, tout discuter, avec des points de vues qui n’étaient pas tout le temps les mêmes. Cela n’a d’ailleurs pas toujours été simple, reconnaissons-le », poursuit Juliette Metz, présidente de la CSDEM.

Tous deux répondent aux questions de News Tank, après la signature de ce texte qualifié d’« accord majeur » et « historique » par les auteurs et les éditeurs.

Le processus menant à la signature de ce Code des usages et des bonnes pratique de l’édition musicale a mis deux ans à aboutir. Pourquoi cela a-t-il été si long ?

Juliette Metz : Parce que cela a été très complexe. Ce code des usages ne fait que 15 pages, ce qui peut sembler assez maigre, mais il est en fait très dense. Et puis les discussions ont été pointilleuses, car il fallait mettre tout le monde d’accord. Enfin, cela a été long aussi parce qu’auteurs et éditeurs ne s’étaient pas parlé depuis très longtemps. Il a fallu tout aborder, tout remettre à plat, tout discuter, avec des points de vue qui n’étaient pas tout le temps les mêmes. Cela n’a d’ailleurs pas toujours été simple, reconnaissons-le.

Olivier Delevingne : Le travail menant à ce code des usages s’est fait en plusieurs étapes. En 2015, l’IGAC a été missionnée par le ministère, auquel elle a rendu un rapport, incitant à la création d’un Code des usages de l’édition musicale. Ce qui a donné lieu, dans un second temps, à la mission de médiation et à la rédaction du texte que nous avons signé. Nous nous sommes mis à en discuter alors qu’au début des travaux de l’IGAC, il n’était pas question d’un tel texte.

Quels sont les aspects qui ont été particulièrement difficile à négocier ?

O. D. : Tous ! L’idée était justement d’inscrire dans ce code tout ce qui peut être source de litige ou de conflit entre auteurs et éditeurs. Chaque point a donné lieu à une âpre discussion, puisque les positions étaient totalement différentes d’un côté et de l’autre de la table.

Quels sont les points essentiels de ce Code des usages, selon vous ?

O. D. : L’obligation de publication, l’exploitation permanente et suivie des œuvres, la reddition des comptes, la transparence et la commission de conciliation paritaire qui est là pour éviter, en cas de litiges trop importants, d’aller en justice.
J. M. : Nous avons essayé, en tant qu’éditeurs, de répondre à la demande des auteurs sans mettre en danger notre activité. Il fallait trouver un terrain d’entente sur des demandes qui étaient parfois légitimes, sans que cela ne soit trop lourd à gérer pour nos structures. Nous avions tous le désir de voir aboutir ce Code des usages, malgré le fait que cela fut parfois dur et éprouvant. Nous avons tenu bon et sommes allés jusqu’au bout car nous y avons cru.

Les éditeurs ont-ils fait beaucoup de concessions au travers de ce code des usages ?

J. M. : Oui. Mais les auteurs aussi.
O. D. : Le propos n’était pas de réécrire le contrat d’édition, mais d’établir un code. Le CPI comporte cette phrase : « Conformément aux usages de la profession ». Mais ces usages n’avaient jamais été définis. Il fallait pourvoir dire qui est qui, et qui fait quoi, en définissant clairement ce qu’est un éditeur et ce qu’est un auteur, et de quelle manière ils doivent travailler ensemble. Il était normal que nos relations soient compliquées dans ces discussions. Les éditeurs sont dans la logique de leur catalogue, nous sommes dans la logique de notre répertoire. Il y avait forcément de la passion, que nous avons essayé de dépasser.

L’édition musicale est un secteur incluant des acteurs très différents. De nombreuses structures, notamment liées à des groupes audiovisuels, font de l’édition principalement pour capter des droits. Pour une partie des auteurs et compositeurs, ce sont ces structures qui posent problème avant tout. Le Code des usages sera-t-il contraignant pour ces structures, qui ne sont pas signataires du texte ?

O. D. : On ne pourra jamais éradiquer les mauvaises pratiques et les mauvais usages. Sauf que maintenant, si un éditeur se retrouve en justice, il sera très simple pour un juge, qui ne serait pas forcément compétent dans le domaine de l’édition musicale, de se référer au code. Ainsi, des éditeurs pratiquant une édition « de récupération », d’aubaine, voire coercitive, y regarderont à deux fois maintenant que le code existe.

Comment va fonctionner la commission de conciliation ?

J. M. : C’est une commission de médiation, paritaire, fonctionnant avec des éditeurs, d’un côté, et des auteurs, de l’autre. Elle est là pour essayer de résoudre des litiges, et faire en sorte que les deux parties se parlent. Car, parfois, on est dans des cas où ces parties n’arrivent même plus à se parler. Je fonde beaucoup d’espoir dans cette commission : elle peut avoir un impact très positif, en ce qu’elle peut apaiser les tensions.

Cette commission devait se réunir pour la première fois le 03/10/2017…

J. M. : C’est, en réalité, une ancienne version de cette commission qui a été saisie, et pour la première fois depuis sa création en 1993.

O. D. : Cette commission n’avait pas le même fonctionnement que celle qui est créée avec le Code des usages, et qui ne pouvait de toute façon s’appuyer sur aucun texte de référence pour l’édition, en dehors du CPI.

Certains auteurs considèrent ce Code des usages comme une première étape, et souhaitent voir son contenu transposé dans le CPI. Qu’en pensez-vous ?

J. M. : Nous ne voyons pas l’intérêt ni le besoin de transposer ce code des usages dans le CPI. Les auteurs parlent depuis le début de cette volonté d’aller plus loin, ce n’est donc pas une surprise. Nous pensons qu’il faut laisser vivre ce Code, voir comment il fonctionne et comment cela évolue.
O. D. : À l’inverse, la transposition dans le CPI de ce Code des usages nous semble être une nécessité, ne serait-ce que parce que la loi date de 1957. Et que clairement, les usages, les pratiques et le monde ont changé depuis. Nous avons fait une partie de chemin, il serait dommage de s’arrêter en route.