NEWS DE L’EDITION – MAI 2021

COVID : OFFICIALISATION DU « CONCERT EXPÉRIMENTAL » AMBITION LIVE AGAIN, À L’ACCOR ARENA LE 29/05/2021

Paris – Actualité n°217463 – Publié le 12/05/2021

Ambition Live Again, le « concert expérimental » initié par le Prodiss et l’AP-HP, aura bien lieu à l’Accor Arena (Paris 12e) le 29/05/2021 avec le groupe Indochine à l’affiche, confirment ses organisateurs le 12/05/2021. Le projet a pour but d’« évaluer les risques de transmission du Covid-19 lors d’un rassemblement de grande ampleur, en configuration debout, non distancié, dans une salle fermée ».

Cette expérimentation consiste à comparer le risque de contamination entre deux groupes de personnes réparties de façon aléatoire : 5 000 personnes au concert et 2 500 personnes restées à leur domicile. « L’objectif est de montrer que le fait d’assister au concert, sous condition d’un test négatif dans les trois jours qui précèdent le concert et du port du masque chirurgical pendant l’événement, n’augmente pas le risque de contamination, par rapport à la population qui n’a pas assisté au concert », indique Jean Marc Treluyer, chef du pôle de recherche clinique à Necker-Cochin.

L’ensemble des 7 500 participants, qui seront tirés au sort après une inscription préalable sur un site dédié (laquelle démarre le 12/05/2021), seront donc testés préalablement au concert puis sept jours après. « Les premiers résultats seront connus vers la fin du mois de juin, et seront suivis dans l’été d’une publication scientifique avec l’ensemble des détails », indique Constance Delaugerre, virologue à l’hôpital Saint-Louis.

« Le protocole autour de ce concert expérimental doit nous permettre de tester des hypothèses pour assurer une reprise des spectacles en jauge “debout” dans des conditions sanitaires optimales tout en évitant au maximum la dégradation des jauges qui risquerait de fragiliser le secteur et nos entreprises. Cette expérimentation doit, a minima, permettre de nous orienter vers un calendrier de reprise des spectacles à la rentrée de septembre, comme d’autres pays européens l’ont déjà fait », déclare pour sa part Olivier Darbois, président du Prodiss.


Le protocole sanitaire

  • Test antigénique pour l’ensemble des participants à l’expérimentation dans les trois jours précédant le concert
    • Résultat négatif exigé
  • Nouveau test sept jours après le concert
  • Port d’un masque chirurgical (et non FFP2) pendant le concert
  • Mise à disposition de solutions hydroalcooliques dans la salle
  • Optimisation de la ventilation de salle
  • Les personnes admissibles à l’expérimentation :
    • Entre 18 et 45 ans
    • Aucun symptôme du Covid
    • Ne pas avoir été en contact avec des personnes atteintes du Covid depuis deux semaines
    • Ne pas avoir de facteur de risque de forme grave du Covid
    • Ne pas « vivre sous le même toit qu’une personne porteuse de ces facteurs ».

« Pour que le masque soit efficace, il faut qu’il soit bien porté »

(S. Kerneis, hôpital Bichat-Claude-Bernard)
  • « Le protocole sanitaire pour protéger le public comprend bien évidemment le test antigénique en amont, qui est la clé de voute pour éliminer le risque de contamination. Ce protocole comprend aussi la mise à disposition de masques.
  • Il s’agira de masques chirurgicaux, et non de FFP2. Ces derniers, à usage principalement professionnels, ont une grande capacité de filtration mais sont aussi très difficiles à porter et ne sont pas confortables ; on peut ainsi être amenés à les manipuler et à les toucher. Voilà ce qui nous a fait opter pour les masques chirurgicaux, qui ont une capacité de filtration également très élevée.
  • (…) Pour que le masque soit efficace, il faut qu’il soit bien porté. Pour vérifier cela, jusqu’ici, on utilisait des méthodes très artisanales, qui ne sont pas adaptées à l’observation de 5 000 personnes dans une salle.
  • Pour l’observation, nous allons donc faire appel à l’intelligence artificielle développée par Datakalab, ce qui va nous permettre de produire des statistiques en temps réel sur le port du masque, pour voir dans quelles circonstances il peut y avoir un relâchement, et donc pouvoir délivrer par la suite des messages de prévention adaptés »

    Solen Kerneis, docteur, membre de l’équipe de prévention du risque infectieux de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard

Budget du « concert expérimental » 

L’étude clinique

  • Financement assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé
  • Enveloppe « d’environ 800 000 € », selon Serge Bureau, responsable du pôle promotion à la direction de la recherche clinique et de l’innovation de l’AP-HP.
  • « Cela couvre la totalité des tests qui vont être pratiqués avant et après le concert, afin que cela ne soit ni à la charge de l’Assurance maladie ni du participant, et une partie du personnel de recherche mobilisé dans le cadre du projet ».

La production de l’événement

  • La production de la manifestation s’élève à 467 000 € HT (560 000 € TTC)
  • Elle bénéficie notamment d’un soutien institutionnel.
  • « La Ville de Paris met gracieusement à disposition l’Accor Arena. Mais la Région Ile-de-France est à nos côtés, tout comme le CNMAudiens, mais également énormément de partenaires privés, de prestataires, de professionnels du secteur », selon Malika Séguineau, directrice générale du Prodiss.
  • Indochine ne prend aucun cachet pour cet événement, précise Olivier Darbois.

« Annoncer une date de réouverture n’est pas une condition suffisante pour permettre aux organisateurs de reprendre leur activité »

(Olivier Darbois, Prodiss)
  • « Après plus d’un an d’arrêt, les producteurs et organisateurs de spectacles sont plus que jamais fragilisés. Le spectacle vivant musical et de variétés a engrangé des pertes à hauteur de 85 % de son CA habituel en 2020. La situation se poursuit en 2021.
  • C’est pour enrayer cet engrenage économique et social dramatique que nous avons décidé en début d’année de prendre les devants, et de proposer une trajectoire de reprise graduée et un cadre permettant de construire des schémas de travail. Nous attendions qu’ils soient repris par les pouvoirs publics, et ils l’ont été en partie.
  • La ministre de la Culture a défini récemment les conditions de réouverture qui s’appliqueraient. Obtenir une première date de réouverture était une condition nécessaire, mais il faut bien distinguer le calendrier de réouverture des lieux et le calendrier de reprise effective des spectacles. La remise en route des tournées et des spectacles nécessite un temps de préparation incompressible qui augmente avec la taille des projets. L’organisation d’une tournée peut ainsi prendre de trois mois à deux ans, pour les grandes tournées internationales.
  • Les annonces ministérielles arrivent trop tard pour les plus grands festivals de l’été, qui nécessitent plusieurs mois de préparation. En outre, annoncer une date de réouverture n’est pas une condition suffisante pour permettre aux organisateurs de reprendre leur activité.
  • Les annonces de la ministre ne disent rien du protocole sanitaire détaillé pour accueillir à nouveau nos publics dans des conditions acceptables, particulièrement s’agissant des configurations “debout“. La ministre a simplement précisé que pour les festivals en plein air et les concerts en jauge “debout” seraient, à compter du 01/07/2021, autorisés à condition qu’un espace de 4 m2 par participant soit observé. Ce qui aboutit à diviser la jauge par 4 ou par 12, selon que le concert se déroule en intérieur ou en plein air. Difficile, donc, pour nos modèles économiques.
  • Dès décembre dernier, et avec le soutien de la Ville de Paris, nous nous sommes rapprochés de l’AP-HP pour impulser un projet d’expérimentation sur une configuration de concert en jauge “debout“. C’est ainsi qu’est né le concert expérimental “Ambition Live Again“.
  • Le protocole autour de ce concert expérimental doit nous permettre de tester des hypothèses pour assurer une reprise des spectacles en jauge “debout” dans des conditions sanitaires optimales tout en évitant au maximum la dégradation des jauges qui risquerait de fragiliser le secteur et nos entreprises. Cette expérimentation doit, a minima, permettre de nous orienter vers un calendrier de reprise des spectacles à la rentrée de septembre, comme d’autres pays européens l’ont déjà fait.
  • Ce dispositif permettra également de répondre aux attentes d’une large frange de la population, qui a plus que jamais besoin de se rassembler, de spectacle et de vie. »

    Olivier Darbois, président du Prodiss