PCM 15 : Le discours d’ouverture de la Présidente, Juliette Metz

 

Discours d’Introduction à la soirée des PCM 2026, 30 mars 2026,

prononcé par Juliette Metz, présidente de la CSDEM 

Bonsoir à toutes et à tous,

Nous sommes ravis de vous accueillir pour cette 15ème édition des Prix de la Création Musicale. Une soirée dont la CSDEM est particulièrement fière car elle met à l’honneur les autrices et les auteurs, les compositrices et les compositeurs, ainsi que celles et ceux qui les accompagnent : les éditrices et les éditeurs.

Quel plaisir d’être avec vous ce soir. Merci à tous de votre présence, merci mesdames et messieurs les représentants des pouvoirs publics : Madame la députée Céline Calvez, monsieur Jean-Baptiste Gourdin, président du CNM.

Je dois dire que dans la vie d’une présidente d’organisation professionnelle, il y a beaucoup de moments très sérieux : des Conseils d’Administration, des réunions, des auditions, des commissions, des discussions passionnantes… sur le droit d’auteur, le partage de la valeur ou les modèles économiques du streaming, l’arrivée de l’IA et ses conséquences.

Et puis il y a des soirées comme celle-ci, où l’on prend le temps de s’arrêter, de regarder le chemin parcouru et surtout de dire merci.

Merci à celles et ceux qui écrivent, composent, arrangent, produisent, éditent, diffusent, qui prennent des risques artistiques, qui défendent la musique, parfois contre le vent dominant… et parfois contre des géants, qui ne sont plus seulement les GAFAM mais aussi désormais les Open AI, Mistral et compagnie…

À la CSDEM, nous représentons ces acteurs souvent discrets mais absolument essentiels : les éditeurs de musique. Ceux qui accompagnent les œuvres dans la durée, qui soutiennent les créateurs et les créatrices, qui développent des catalogues, qui font circuler les répertoires et qui prennent des paris sur l’avenir.

On dit souvent que l’éditeur est le premier partenaire de la création. C’est vrai. Mais j’ajouterais qu’il est aussi, parfois, le premier optimiste.

Car dans ce métier, il faut croire en une chanson avant qu’elle ne devienne un succès, avant qu’elle n’aide à remplir des salles.

Il faut croire en un projet avant que les chiffres ne disent quoi que ce soit.

Autrement dit : il faut croire en la création.

Et ce soir, cette croyance collective est particulièrement visible.

Comme pour toutes les organisations professionnelles de la musique (je salue les représentants de la CEMF, de l’UNAC, du SNAC, du SNEP, de la Scène Indépendante, de l’UPFI, qui sont avec nous ce soir), pour eux comme pour nous les 12 mois passés ont été très chargés en mobilisation, en échanges et discussions.

Je ne garderai ce soir que deux sujets à évoquer avec vous :

L’Intelligence Artificielle tout d’abord.

Soyons très clairs, l’innovation n’est pas l’ennemie de la musique. Mais il y a une ligne que nous devons collectivement défendre. La technologie doit servir la création humaine. Elle ne doit jamais l’effacer, la remplacer.

Les œuvres ne sont pas des données gratuites. Et les créateurs et leurs éditeurs ne sont pas des fournisseurs invisibles.

Ils sont le cœur de cet écosystème.

C’est pourquoi les évolutions législatives à venir sont déterminantes.

Le 8 avril prochain, le Sénat examinera une proposition de loi instaurant une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA, porté par la Sénatrice Laure Darcos.

Un principe simple, mais crucial.

Ce ne doit pas être aux créateurs de prouver que leurs œuvres ont été utilisées.

Ce doit être aux sociétés d’IA Générative de prouver qu’elles ne sont pas entraînées sur nos œuvres.

C’est une question d’équilibre et de justice.

Et c’est une des conditions indispensables pour que l’innovation reste compatible avec la création.

Dans le même esprit, nous devons rester extrêmement vigilants sur les dispositifs de soutien à la création.

Je pense notamment au CIEM Crédit d’impôts pour les Éditeurs de Musique, dont l’évaluation est en cours. Évaluer le CIEM aujourd’hui est un exercice délicat, compte tenu de sa mise en œuvre récente. Mais nous en sommes convaincus : les éditeurs vont s’en saisir pleinement, et ce dispositif démontrera toute sa pertinence dans les années à venir.

Ce dispositif est essentiel pour notre écosystème. Il soutient l’investissement dans la création, il accompagne la prise de risque, il permet de faire émerger de nouveaux talents.

Et nous le savons : une évaluation appelle des décisions.

Nous devrons être collectivement mobilisés pour obtenir sa prolongation, au même titre que d’autres dispositifs structurants comme le CIPP ou le CISV.

Parce que derrière ces sigles, il y a une réalité très concrète : la capacité à continuer d’investir dans la création.

Et donc, la capacité à faire exister les œuvres de demain.

Mais pour l’heure, revenons à notre soirée et permettez-moi de remercier celles et ceux sans qui elle n’existerait pas.

Je veux remercier en premier lieu nos partenaires, pour leur soutien fidèle et leur confiance : la SEAM, représentée par Pierre Lemoine son président et Philippine Leduc sa directrice générale, la Sacem notamment représentée par son président Patrick Sigwalt, des membres de son CA et Cécile Rap-Veber sa Directrice Générale Gérante.

Je veux ensuite remercier très chaleureusement les équipes — pour leur engagement, leur exigence, leur énergie. Organiser un événement comme celui-ci demande beaucoup de travail. C’est le moment de remercier l’équipe de la CSDEM : Mathilde Leyssales, Claire Delaytermoz, Jean-Baptiste Costa, et de vous présenter notre nouvelle Déléguée Générale Agnès Defaux qui nous a rejoint en janvier dernier.

Enfin, je salue tout particulièrement la commission des Prix de la Création Musicale, Gilles Collot son président et Benoit Chapdelaine notre coordinateur,

Merci aux jurys de la soirée, que Didier Varrod, notre président de jury, vous présentera tout à l’heure. Je salue au passage les artistes qui nous font l’honneur d’être parmi nous ce soir et qui nous honoreront de prestations live qui rythmeront cette soirée.

Merci aux équipes techniques et aux prestataires.

Avant de démarrer cette soirée, je voudrais avoir avec vous une pensée pour celles et ceux qui nous ont quittés cette année.

La CSDEM salue leur mémoire — ils ont compté pour nous, et ils nous manquent :

Amadou Bagayoko

Pierre Péribois

Umberto Petrucci, dit Mémé Ibach

Philippe Capdenat

Jérémy Bana Owana, dit WERENOI

Le « Chinois marrant », Bun Hay Mean

Abraham Kassabi, dit Albert Kassabi ou Bébert

Baya BOUZAR (dite BIYOUNA)

Jean Max Rivière

André Pasquet, dit Dadou Pasquet

Christian Gaubert

Henry Stemen

Claude Berda

Calbony M’BANI – dit CALBO

Frank Latreille Ladoux – dit Dooz Kawa

Gérard Delord

Guy Vernon Moon, dit Guy Moon

Ebo Taylor

Michel Portal

André ROQUES

Bruno Salomone

Frédéric Sicart

Isabelle Mergault

Loic BARROUK

Et maintenant, place à l’essentiel : la musique ! Très belle 15e soirée des Prix de la Création Musicale à tous ! Je vous invite à rejoindre vos tables, la soirée va démarrer dans quelques minutes !

Cher Boris,

Présider la CSDEM est une responsabilité — une charge, parfois même un poids. Mais il est des instants rares où ce poids s’efface pour laisser place à quelque chose de beaucoup plus précieux : le plaisir.

Et ce soir, ce plaisir est immense.

Car vous remettre un prix d’honneur cher Boris Bergman n’est pas seulement un devoir, c’est une joie profonde, presque un privilège.

Ce prix d’honneur est bien modeste face à tout ce que vous avez donné. Mais il est porté par une immense admiration, et surtout par une profonde reconnaissance.

Merci pour votre regard, merci pour votre audace, merci pour vos mots.